Pendant le foot, les affaires continuent

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Affaire Bygmalion, écoutes Sarkozy sur fond de dossier Kadhafi, le député Nicolas Dupont-Aignan dépose une proposition de loi pour moraliser le financement des partis.

Alors que nous avions tous le regard rivé sur les exploits de ces Bleus qui font du bien à la France, Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, et deux hauts-magistrats de la cour de cassation, Gilbert Azibert et Patrick Sassoust, étaient toujours en garde à vue à Nanterre dans les locaux de l’Office de lutte contre la corruption. Autant dire qu’avec un 2-0 face au Nigeria, cet épisode est passé totalement inaperçu.

De quoi s’agit-il ? Tendez-bien l’oreille, surtout un lendemain de victoire parfois bien arrosée. Ces trois personnalités, qui ont été privées de matches lundi soir, sont entendues dans l’affaire de trafic d’influence supposé, qui a démarré après le placement sur écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy. C’est l’enquête dans l’enquête sur le financement occulte présumé de sa campagne de 2007 par le clan Kadhafi, qui à ce jour n’a jamais rien donné. Les juges veulent savoir si l’ancien président a tenté de se tenir au courant des investigations en cours, en usant de relations au sein de la justice. Nicolas Sarkozy devrait d’ailleurs être convoqué et entendu à son tour. Voici donc revenir ce feuilleton, qui plombe son éventuel retour en politique.

 

Une affaire qui s’ajoute au psychodrame Bygmalion

Celui qui met la droite sans dessus-dessous. Et a motivé la proposition de loi rédigée et déposée par Nicolas Dupond-Aignan. Le leader de Debout la république, ancien UMP, présente ce mardi matin une vingtaine de mesures, parmi lesquelles un nouveau plafonnement des campagnes présidentielles : 10 millions d’euros au lieu des 22 autorisés. Le député est parti d’un principe tout simple : un meeting peut monter à 500.000 euros, tout ça pour trente secondes dans les 20h.

Autant réduire les coûts, et en contrepartie imposer une vraie présence à jeu égal sur toutes les antennes, publiques et privées, à cinq semaines du scrutin. Parmi ses propositions également, la création d’un collège citoyen pour accompagner les membres du Conseil constitutionnel censés vérifier les comptes de campagne et qui sont visiblement passés à côté des big millions. 

Sa démarche a des chances d’aboutir ?

Pas vraiment. A moins que les grands partis, l’UMP en tête, ne décident d’une opération mains propres. Cette initiative a le mérite de nous rappeler qu’en matière de financement des partis, il y a encore de la marge. L’argent des formations politiques partis, c’est aussi en partie celui des contribuables.

Et que tant que l’opacité prévaudra en la matière, à coup d’affaires retentissantes, le discrédit sera grand. C’est pour cela que les Bleus ont pris le pouvoir dans les esprits, éliminant dès le premier tour un monde politique qui ne fait plus rêver personne depuis bien longtemps.