Nicolas Sarkozy s'invite à la télévision ce soir pour tenter de convaincre les Français

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Pendant que le sort de l'Europe se joue à Bruxelles, et dans la réaction des marchés au plan bouclé cette nuit, Nicolas Sarkozy joue, lui, sa crédibilité pour 2012. Le chef de l'Etat intervient ce soir à la télévision. Objectif : tirer un bénéfice politique de l'accord conclu cette nuit, et rebondir... en "disant la vérité aux Français".

Qu'il est loin le temps où un candidat à la présidentielle pouvait décréter que "tout devient possible". C'était en 2007 et ce candidat s'appelait Nicolas Sarkozy. Celui-là même qui, devenu président, va devoir expliquer ce soir que "plus rien n'est possible". Plus rien, ou plus grand chose. La vérité n'est pas belle à entendre. C'est la crise, nous allons vers un nouveau plan de rigueur, il va falloir se serrer la ceinture. Une hausse de la TVA est à l'étude. Celle-là même qui a fait perdre plusieurs dizaines de sièges de députés à l'UMP aux dernières législatives. Une vérité qui n'est pas bonne à dire non plus, surtout quand on vise une réélection. Mais Nicolas Sarkozy a-t-il le choix. Lui qui a lié son sort politique au maintien du triple A de la France.

Pour faire passer la pilule de la rigueur, il peut compter ce soir sur une scénographie à son avantage. L'opposition dénonce même une émission sur-mesure, co-produite par une société du groupe Lagardère, ami du pouvoir.

Mais Nicolas Sarkozy va surtout compter sur lui-même, sur sa capacité à convaincre qu'il est le meilleur rempart face à la crise et qu'il a tout fait ces dernières heures pour préserver les Français. Une posture dénoncée dès hier par le socialiste Michel Sapin. " Il veut faire croire comme d'habitude qu'il est le Tarzan de la négociation ", a raillé le député PS. "C'est d'ailleurs ce qui insupporte nos autres partenaires, parce qu'il veut toujours s'agiter dans tous les sens sans pour autant être fort. Parce que la France est affaiblie par la politique qu'a menée Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté. La gauche, qui sert justement de repoussoir à la majorité. Quand Nicolas Sarkozy dit la vérité aux Français, elle, est dans le déni. Quand il prend les problèmes à bras le corps, elle, se réfugie dans l'irresponsabilité et le commentaire. Pour Henri Guaino, "il y a le petite politique politicienne intérieure. Celle qui fait dire à monsieur Hollande que la crise est un prétexte : cette crise n'existe pas, elle n'a jamais existé, c'est un mythe, un fantasme", a ironisé le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy hier sur France Info et LCP. " Je pense qu'il faudrait se réveiller et monsieur Hollande, monsieur Moscovici et les autres feraient bien de partager un peu de l'esprit de responsabilité qui anime aujourd'hui, grâce en partie à la France, la plupart des dirigeants européens ", a-t-il lancé.

Plutôt que le déni, l'irresponsabilité et les promesses mensongères de la gauche, un président combatif et au travail... Voilà le profil que devrait adopter Nicolas Sarkozy ce soir. Saura-t-il toutefois répondre aux attentes des téléspectateurs à l'issue d'un sommet très médiatisé et très dramatisé ? Saura-t-il aussi contredire les sondages qui le donnent désormais moins crédible que le socialiste François Hollande pour lutter contre la crise ? Réponse à partir de 20h15 ce soir sur TF1 et France 2.

Chronique : Louise Bodet
_ Page web : Cécile Mimaut

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