Manuel Valls et Christiane Taubira : deux ministères, deux styles

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Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, tous deux à la une de l'actualité : le premier présentait hier son plan sécurité, la seconde sa réforme de la justice. Deux personnalités aux antipodes, avec un Manuel Valls omniprésent qui prend l'ascendant sur sa collègue, voire sur tout le gouvernement.

Celui qui avait rassemblée 5,63% des votes lors de la
primaire socialiste prend, désormais, beaucoup de place. Son discours
sécuritaire semble apprécié, alors que le celui de Christiane Taubira est plus
critiqué. Même Jean-François Copé, le secrétaire national de l'UMP, à son petit
avis sur la relation des deux ministres : "Objectivement, Manuel Valls
est à droite
".

Le qualificatif agace le ministre, qui revient sur ses
relations avec son homologue de la justice, précisant à propos de la
présentation, le même jour, de leur priorités ministérielles qu'il se "réjouit
de la coïncidence
". Au delà de l'anecdote, il explique : "Je
veux briser le faux débat entre gauche laxiste et droite répressive
". Mais
Yann Brossat, chargé des questions de sécurité au Front de gauche est très remonté
contre le style Valls : "Manifestement, il est décidé à mener
uniquement une politique répressive
", qui ressemble comme "deux
gouttes d'eau
" à celle menée avant lui par Claude Guéant et Nicolas
Sarkozy.

Même certains parlementaires socialistes s'agacent : "Valls?
Trop c'est trop! La solidarité gouvernementale, c'est pour tout le monde, il
n'y a pas de shérifs qui peuvent s'affranchir"
explique l'un d'eux, qui
poursuit : "Taubira respecte le pacte, elle est sur les dossiers ".

Un membre de l'aile gauche du parti lâche même : "Il
faut qu'il réfléchisse un peu moins à son image et un peu plus à la solidarité
gouvernementale et à nos engagements communs
".

Les proches de Manuel Valls et Christiane Taubira tempèrent.
Le jeune sénateur du Val de Marne Luc Carnouvas, fidèle du ministre de l'Intérieur
réfute tout antagonisme entre les deux membre du gouvernement : "il n'y
a qu'une seule ligne, celle déterminée par le Premier ministre au sein d'un
gouvernement
". Pas d'opposition mais des arbitrages : de son coté,
Jean-Michel Baylet, le président du PRG, le parti de Christiane Taubira, estime
que les deux ministres sont "complémentaires ".

Et tandis qu'un parlementaire PS, pour qui Manuel Valls est
dans son rôle, tempère, il indique aussi: "Pour qu'un gouvernement soit
dynamique, il faut des figures, des ministrs qui s'expriment, même s'il y a des
antagonisme entre eux
." Un autre socialiste averti : "il ne
faut pas jouer Valls contre Taubira, sinon la droite aura raison de
s'engouffrer dans la brèche
". Malgré la mise en garde, il semble que
ce soit déjà le cas.

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