Manifestations : pour Julien Bayou (EELV), le gouvernement est "dans une stratégie de tension"

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Julien Bayou, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, était l’invité politique de France Info lundi.

Le porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts Julien Bayou a dénoncé lundi sur France Info les actes de violence commis en marge des manifestations contre la loi Travail. Il a toutefois déploré un "climat de tension alimenté par l’Etat ". "Quand c’est Alliance, qui n’est pas le syndicat des hippies chez les policiers, qui dénonce et qui dit 'Je ne comprends pas pourquoi on laisse faire les casseurs', on a un problème ", a-t-il estimé. Julien Bayou a ainsi évoqué des témoignages à la gare du Nord à Paris, où des policiers auraient reçu l'ordre de laisser passer les casseurs afin de rejoindre la place de la République.  

Le conseiller régional d'Ile-de-France a également évoqué le besoin de faire des manifestations pour que les syndicats soient consultés. Julien Bayou a espéré ainsi un "changement de méthode, peut-être même de gouvernement ." Julien Bayou a estimé que Manuel Valls et les membres du gouvernement ne "maîtrisent plus rien ", "improvisent une loi à la fin du mandat " et font "n'importe quoi depuis six mois ." 

Loi Travail/Motion de censure : "On a un mois pour trouver deux signatures "

Alors qu’une semaine de mobilisation contre la loi Travail débute ce lundi, Julien Bayou a espéré sur France Info qu'une "une motion de censure de gauche " contre le texte va pourvoir être déposée. La semaine dernière, il a manqué seulement deux signatures pour dénoncer l’utilisation du 49-3. "On a un mois peut-être avant que l’Assemblée réexamine ce texte, on a un mois pour trouver deux signatures, on devrait y arriver ", a assuré le conseiller régional d'Ile-de-France. 

Selon Julien Bayou, c’est une solution face à "une situation bloquée ", un "problème démocratique majeur ". Ce projet de loi est "tout pourri " et "dangereux pour le quotidien des gens ", a estimé le conseiller régional. "Si on parle des routiers, de la lutte contre les travailleurs détachés, si on parle de carnets de commande pour les entreprises, c’est tout le contraire qu’il faut faire ", a affirmé le porte-parole d'EELV, qui privilégie notamment "la transition énergétique " et "le soutien ciblé aux PME ."

Affaire Baupin : "Si nous on l’avait su, évidemment qu’on l’aurait exclu "

Julien Bayou a évoqué avoir eu vent de "rumeurs " concernant le comportement de l’écologiste Denis Baupin, accusé de harcèlement, voire d'agression sexuelle. "Comme je l’ai expliqué dans l’enquête de France Inter et de Mediapart, quand vous avez des victimes qui ne souhaitent pas parler pour plein de bonnes et de mauvaises raisons, vous ne pouvez rien faire ", s’est-il défendu. "Si nous on l’avait su, évidemment qu’on l’aurait exclu ", a ajouté Julien Bayou.

Suite à cette affaire, Denis Baupin a démissionné de la vice-présidence de l’Assemblée nationale, mais reste tout de même député, ce que "ne comprend pas " Julien Bayou. "Il y avait une tradition, les ministres se mettaient en retrait le temps de leur accusation pour éventuellement laver leur honneur ", a-t-il rappelé. Le porte-parole d'EELV a estimé que l’Assemblée devrait se doter d’un dispositif similaire afin d'écarter les députés "le temps de la procédure, pour préserver l’institution ." 

Le conseiller régional d'Ile-de-France a également appelé à une meilleure protection des personnes qui souhaitent porter plainte dans ce genre de cas. "Il faut déjà allonger le délai pendant lequel on peut porter plainte ", a-t-il demandé. Julien Bayou a soutenu la demande des associations, à savoir "passer à six ans " au lieu de trois actuellement, "passer à 20 ans pour les viols au lieu de 10, et puis une clé pour débloquer la situation c’est permettre aux associations de porter plainte en lieu et place de la victime ." "Comme ça on peut avoir le nom de la victime, mais elle est un peu protégée de l’exposition par le paravent de l’association ", a-t-il précisé.