Les débats du PS, les "affaires" de l'UMP

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A La Une de l’actualité politique, le deuxième débat de la primaire du PS hier soir. Les socialistes se félicitent d’une discussion sur le fond et sans foire d’empoigne. La droite en revanche n’a pas du tout la même analyse. Également à la Une de la presse ce matin, les affaires qui éclaboussent le camp de la majorité. "La chute des hommes du président", "La fin de règne" de Nicolas Sarkozy… Plusieurs quotidiens emploient les mêmes mots pour décrire l’étrange climat politique qui habite la France actuellement.

Primaire socialiste : se différencier, sans agressivité

Deux heures et demie de confrontation d'idées. Un débat plus animé que le premier. Les six candidats à la primaire socialiste se sont à nouveau expliqués, hier, sur un plateau de télévision. Un débat pugnace, vif, musclé mais sans heurt. Les six candidats se sont bien tenus et retenus et le débat n’a pas tourné à la foire d’empoigne. L’essentiel a été préservé : l’unité. Surtout ne pas casser la dynamique positive, renforcée par la victoire au Sénat, et éviter les comparaisons avec une UMP déchirée, divisée, empêtrée dans les affaires C’est vrai, il y a eu de la cacophonie parfois. Mais elle ne résume pas le débat d’hier soir.

Les prétendants à l’investiture socialiste pour la présidentielle ont évoqué la crise, l’emploi, le pouvoir d’achat, les questions de sécurité et d’immigration. Des différences, des désaccords il y en a mais chaque candidat et candidate a compris l’enjeu : revenir au pouvoir en mai 2012. Pas de coups tordus donc, pas de coups bas. Pas trop en tout cas.

Primaire PS: 2ème débat de l'investiture...par publicsenat

La lecture est tout autre à droite. A l’issue du débat, les rédactions ont reçu une rafale de communiqués de l’UMP. "Ennuyeux", "archaïque", "dangereux", "consternant", "des poncifs et des vœux pieux", "manque de cohérence"... Et les critiques ont continué de fuser ce matin. La ministre Nadine Morano sur France 2, tout en nuance et retenue, n'hésite pas à comparer le PS aux bolcheviques et aux Grecs dépensiers et finalement ruinés.

La candidate du FN, Marine le Pen, a, elle aussi, regardé le débat à la télé. Elle n'a rien entendu de très neuf. Elle s'en moque probablement. Car ce qui compte pour elle c'est d'abord et avant tout la défaite de la droite l'an prochain. Si le PS revient aux affaires, sans mauvais jeu de mots, il n'aura plus qu'à fermer la boutique France estime-t-elle sur LCI.

Dans ce concert de critiques, il y en a un qui félicite les socialistes. Un ancien ministre de Nicolas Sarkozy. Hervé Morin, député du Nouveau Centre, ne parle pas des idées mais de la primaire. Pas du fond, de la forme. Cet exercice ne peut être que bénéfique pour celui ou celle qui sera désigné le 16 octobre affirme-t-il sur l’antenne de nos confrères d’Europe 1. Hervé Morin qui souhaite, par ailleurs, qu'une primaire façon PS soit organisée en 2017 au centre et à droite.

  • "On se rend compte qu’ils ne sont d’accord sur rien"
    _ Sébastien Huyghe, député UMP du Nord, i’invité de Tous en Campagne

    Pour le député UMP du Nord Sébastien Huyghe, ces débats (trois au total) organisés par le parti socialiste à la veille de la primaire, et de la présidentielle, sont avant tout "une belle op de communication". "Il faudra que le CSA soit très vigilent pour ré-équiliber le temps de parole" entre les partis, prévient-il, regrettant la place faite par les médias au camp socialiste à travers ces débats selon lui. Sébastien Huyghe qui dénonce "un concours de beauté entre les différents candidats" socialistes, alors qu’à l’UMP "nous travaillons sur le fond", poursuit-il. Au-delà de la forme, le député du Nord y va aussi de sa critique sur le fond. "On se rend compte qu’ils ne sont d’accord sur rien", estime-t-il sur France info, soulignant notamment les divergences entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg. Et de considérer qu’on "assiste plus à un débat interne au débat pour savoir ce qu’ils vont mettre dans leur nouveau programme". Quant à martine Aubry, "elle s’est comportée plus comme une Première secrétaire du PS que comme une candidate", selon lui.

    Les affaires qui empoisonnent la droite

    Du nouveau dans le dossier Karachi. C'est France Info qui vous le révèle ce matin. Le juge Van Rumbeke a entre les mains un élément qui permettrait de faire le lien entre la signature d'un contrat d'armement avec l'Arabie Saoudite en 1994 et le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. Sur le plan politique, toutes ces affaires, rendent le climat de plus en plus délétère.
    Les journaux ne se sont pas donnés le mot, mais ils emploient les mêmes à la Une aujourd'hui. "Fin de règne" pour Le Point, "Les coulisses d'une fin de règne" pour Le Nouvel Observateur, "La chute du clan" pour L'Express, "La chute des hommes du Président" pour Libération. Nicolas Sarkozy n’est pas directement impliqué, mais c’est bien lui qui est touché politiquement par ces affaires. De quoi susciter l’indignation de son conseiller, Henri Guaino, sur BFM TV ce matin. Henri Guaino qui le répète, "rien ne permet de l’impliquer (Le chef de l’Etat) directement dans ces affaires", et qui s’en prend à la presse, qui, pour une part, est partie en croisade.

    Libération dénonce la déréliction d'un système qui tient l'état de droit en mépris. Il est révélateur, poursuit le quotidien, que la presse ait été victime de ces dénis de justice pratiqués par le sommet. La majorité s’insurge contre ce procès, dénonce des amalgames et le mépris de la présomption d'innocence pratiqué par une presse militante. Militante politique, ou militante pour sa liberté d’information...

    En tout cas l’opposition est de son côté relativement prudente, tout en étant offensive. François Hollande s’efforce de s’en tenir aux faits. Comme François Hollande, qui pour l’instant demande la démission des responsables de la police et des renseignements qui ont cherché à identifier les sources des journalistes, dans l’affaire Bettencourt.

    Prudence donc du coté des socialistes, qui savent que les politiques ne sont pas perçus comme étant les mieux placés pour donner des leçons. Les écologistes en revanche se disent qu’ils peuvent aller plus loin eux, avec une ancienne juge d’instruction comme candidate. Dans le contexte d’une élection présidentielle, "je trouve ça normal qu’on ait un débat sur la morale et sur l’étique de la responsabilité" a réagi ce matin Daniel Cohn Bendit sur France Info.

    Marie-Eve Malouines et Germain Treille
    Une chronique présentée par Mathilde Munos
    Préparée avec Charlotte Coblenz
    _ Page web : Cécile Mimaut

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