Les clarifications de Frédéric Péchenard, les suites de l'affaire Guérini et la rentrée politique de Marine Le Pen

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Trois dossiers à la Une de Tous en campagne matin, deuxième édition. Nouvel élément d'abord dans l’affaire de l’espionnage d’un journaliste du Monde. Sur France Info, Frédéric Péchenard prend sur lui. Le directeur général de la police nationale admet avoir demandé l’identification du haut fonctionnaire qui alimentait la presse dans l'affaire Bettencourt. _ Suites et conséquences de la mise en examen hier de Jean-Noël Guérini, accusé d'association de malfaiteurs. Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, boulet moral pour le PS. La majorité commente et se fait plaisir. _ Enfin Marine Le Pen qui fait sa rentrée à Nice. Des journées d'été "de Marine le Pen", pas "du front national". Nuance importante pour celle qui entend se normaliser, se respectabiliser en somme...

C'est l'homme qui se taisait. Frédéric Péchenard, le directeur de la police nationale, a parlé ce matin sur France info. Une police accusée d'avoir espionné des journaliste en se procurant leurs relevés téléphoniques pour identifier leurs sources dans l'affaire Bettencourt. Sur France info déjà, Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, avait reconnu l'existence de "repérages" mais pas d'écoutes. Ce matin, à la question de savoir si c'était bien lui qui avait lancé ces enquêtes. Frédéric Péchenard assume. "Sur cette affaire, j’ai vraiment tout lu et tout entendu. Vous me donnez une occasion, de clarifier un petit peu les choses. Oui j’ai demandé à la Direction Centrale du Renseignement Intérieure d’identifier le haut fonctionnaire qui, soumis au secret professionnel et ayant un accès direct des documents sensibles, divulguait des informations confidentielles dans une affaire judiciaire en cours. Je trouve cela grave. Il s’agit d’une infraction pénale… Comme vous le savez il y a une instruction judiciaire en cours. Je me dois de réserver mes déclarations à la justice”, a affirmé le patron de la police nationale. Frédéric Péchenard, visiblement prêt à assumer jusqu’à la démission.

D'une affaire qui embarrasse la droite à une affaire qui embarrasse la gauche...

Jean-Noël Guérini, patron socialiste du département des Bouches-du-Rhône, est mis en examen pour notamment, association de malfaiteurs. Et la droite se réjouit de voir le parti socialiste embringué dans cette affaire, à un mois du premier tour de la primaire qui doit désigner le candidat ps pour 2012. Ce matin sur I-télé, Jean-François Copé a entonné la ritournelle, devenue classique, du "je ne me mêle pas de ça, mais quand même, ça fait tâche".

La rentrée politique de Marine le Pen sous le signe de la normalisation

Coup d’envoi officiel de la campagne de Marine Le Pen ce week-end à Nice. Marine Le Pen qui, malgré la polémique lancée par son père au lendemain de la tuerie d’Oslo cet été, malgré le maintien dans ses thématiques de campagne du corpus idéologique d’origine du FN, insécurité et immigration, poursuit sa stratégie de normalisation.
Un week-end où la présidente du Front national entend se remettre en selle après un été silencieux, et alors que les sondages stagnent, après un printemps exceptionnel de ce point de vue. Son explication ce matin sur BFM-TV : en temps de crise, les Français sont tentés de garder le sortant Nicolas Sarkozy.
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Marine Le Pen s'est installée dans le paysage politique.
Cela fait maintenant six mois que Marine Le Pen préside le FN. Ses adversaires se réjouissent régulièrement de sa chute dans les sondages. Comme si sa régression électorale était inéluctable. Le succès de Marine Le Pen ne serait qu'une bulle médiatique, une mode passagère. Version féminine et charmeuse de son père, la fille du Président ne séduirait que pendant quelques mois avant de rejoindre l'étiage des 10/12 %. Insuffisant pour inquiéter ses rivaux. Mais la réalité ne colle pas à ce raisonnement rassurant, du point de vue de ses adversaires. Certes, depuis qu'elle a fait irruption sur la scène politique, Marine Le Pen a régressé. Elle ne parait plus, aujourd'hui, en position d'être sélectionnée pour le second tour de la présidentielle mais elle se maintient autour de 20% en moyenne. C'est derrière l’UMP, et désormais derrière le PS, mais cela suffit quand même pour influencer la vie politique et le discours politique en général.
_ Marine Le Pen s'est installée dans le paysage politique. Elle a de-diabolisé le leader du Front National. Son père était une personnalité infréquentable, interrogée du bout des lèvres, avec parfois une certaine agressivité. Ses adversaires étaient peu nombreux à l'affronter en débat, et seulement après avoir justifier cette rencontre. Ce genre d'atermoiement ne vaut pas concernant sa fille. Personne ne s'est interrogé par exemple sur la pertinence de sa rencontre avec Nathalie Kosciuszko Morizet avant hier sur I-télé. Le débat a eu lieu, normalement, banalement. Marine le Pen impose sa légitimité à la droite de la droite. Une droite fortement influencée par le discours d'un Front national décomplexé. Le discours de la droite populaire au sein de l'UMP cherche délibérément a concurrencer le parti de Marine Le Pen. C'est peut-être la cause de sa régression dans les sondages. Mais cela tire aussi l'UMP vers sa droite, en libérant un espace de l'autre cote de l'UMP. Le puzzle politique français a du faire de la place à Marine Le Pen. Elle a reconquis la place que son père avait perdu en 2007.

L'agenda

Ce week-end, deux autres formations vont faire leur rentrée. Le Parti chrétien démocrate de Christine Boutin, tient son université d'été à Lyon.

Les centristes de Jean-Louis Borloo et Hervé Morin, l'alliance des partis de centre-droit, seront eux à la Grande-Motte, dans Hérault.

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