Le premier débat télé de la primaire socialiste et Sarkozy en Lybie

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L'actualité politique est dominée par le premier débat télévisé de la primaire socialiste ce soir sur France 2. Hollande, Aubry, Royal, Montebourg, Valls et Baylet vont tenter de s'affronter sans s'écharper. Quand à Nicolas Sarkozy, il peaufine aujourd'hui sa stature d'homme d'état à la dimension très internationale en se déplaçant en Lybie, récemment libérée de Kadhafi.

La primaire : débat offensif mais pas agressif ?

C’est toute la difficulté de l’exercice. En 2006, on s’en rappelle les rendez-vous télévisés Royal-Fabius-DSK n’avaient de débat que le nom. Et pour cause, les candidats n’avaient pas le droit de se répondre. Pas passionnant, et très "plan-plan". Cette fois, les 6 candidats à l’investiture (Hollande, Aubry, Royal, Montebourg, Valls et Baylet) pourront s’interpeller, dans la troisième partie de l’émission.

En attendant le débat

Ce matin, Martine Aubry, en baisse dans les sondages, ne lâche pas. Dans Direct Matin, elle affirme que "quand ça tangue, je tiens la barre" et estime être toujours la mieux placée pour battre Nicolas Sarkozy. Son, ami Bertrand Delanoë ne dit pas autre chose sur Radio Classique : "mois je soutient Martine sans agressivité vis-à-vis de autres […] elle met de la cohésion et qui permet à la société français de de croire à nouveau dans son destin collectif".

Invité de "Tous en Campagne" pour analyser ce débat, Arnaud Mercier, spécialiste en communication politique professeur à l’Université de Metz . Pour lui, "l’appréciation que l’on va faire des candidats reposera sur leur capacité télégénique et leur façon de bien passer à l’écran […] une des forces du dispositif, c’est que chacun ait trois minutes pour se distinguer les un des autres par la grande idée principale qu’ils vont vouloir mettre en avant". "il y a peu de chance qu’il y ait un coup de Trafalgar qui déstabilise l’un ou l’autre".

Nicolas Sarkozy en Lybie ; pour parler d'argent... déjà ?

Le chef de l'Etat avait promis de s'y rendre le plus vite possible, pressé de récolter les fruits de ce qu'il considère être sa victoire militaire. L'Elysée aime d'ailleurs reprendre les propos d'un chef d'Etat africain à Nicolas Sarkozy : "pour nous, la chute de Kadhafi, c'est comme la chute du mur de Berlin". Un déplacement à priori très politique. L'économique, autrement dit, la reconstruction, ce sera pour plus tard d'après François Baroin, le Ministre de l'Economie invité ce matin de France Info : "on n'est pas à ce stade […] il y aura de la reconstruction, mais cette reconstruction se fera dans la coordination".

Conséquence ou pas d'un déplacement organisé dans l'urgence. Les éléments de langage, ces argumentaires clefs en main distribués aux Ministres, ne sont visiblement pas au point. Pour Jean Leonetti, le Ministre des affaires européennes qui était sur I-Télé, Nicolas Sarkozy en Libye, c'est aussi pour parler argent : "quand les américains sont venus libérer les sol européen des nazis, il y a eu un plan Marshall ; il y a eu des entreprise américaines qui ont aidé ce plan Marshall ; ça n’est pas tout à fait illégitime que les choses se passent ains".

Le déplacement en Lybie… bon pour l’image de Sarkozy

Même si les affaires internationales ne font pas une élection nationale, Nicolas Sarkozy va s’offrir de belles images de liesse populaire spontanée, qui seront du meilleur effet sur son costume de candidat élyséen. Voir un président de la République, et la France acclamés par un pays qui vient de se libérer, c’est toujours réjouissant, et valorisant.
_ Et puis, pour Nicolas Sarkozy, qui avait reçu le colonel Kadhafi avec les honneurs à Paris, cela permet à la fois, de faire oublier ces images et cette controverse ainsi qu’une autre polémique sur le retard à l’allumage de la France concernant la révolution tunisienne. Une visite qui ne présente que des avantages donc.

En bref

DSK à la télé dimanche : sans l'affaire du Sofitel, ça aurait été ce soir, mais c'est dans son canapé qu'il assistera finalement au 1er débat de la primaire. DSK sera, lui, devant les caméras dimanche d'après le site internet du Point. Il serait l'invité du 20h de TF1 pour sa première intervention depuis son arrestation le 14 mai dernier. La chaîne n'a pas encore officiellement confirmé.

Francois Bayrou fait les yeux doux aux écologistes en général et à Nicolas Hulot en particulier. Il ne veut pas de débauchage individuel, font savoir ses proches, via le Figaro, mais ils s’adressent à Nicolas Hulot après son échec chez les Verts. Le MoDem, indépendant de la droite et de la gauche, lui tend les bras.

Après Sarkozy, Eva Joly. La candidate d'Europe-Ecologie les Verts prévoit à son tour de se rendre en Libye. Ce sera de jeudi à dimanche la semaine prochaine avec un message : faire de la Libye une vraie démocratie, pas un Etat pétrolier. Eva Joly s'était déjà rendue en Tunisie après la chute de Ben Ali.

Le feuilleton des sénatoriales à Paris à droite. Avec une pichenette de Pierre Charon. L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a nommé numéro 2 de sa liste l'actuelle suppléante de Philippe Goujon, l'un des soutiens de la ministre tête de liste UMP Chantal Jouanno. Message subliminal au Premier ministre, très impliqué dans cette bataille parisienne, Pierre Charon ne se laisse pas impressionner et n'a pas l'intention de retirer sa liste.

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