Le débat est-il clos au PS ? Eva Joly trouvera-t-elle l'argent pour financer sa campagne ?

La primaire socialiste : 7 heures de débats télé en trois émissions pour quel bilan ? Également à la Une ce matin, le manque d'argent d'Europe Ecologie-Les Verts et Eva Joly qui va lancer une souscription pour financer sa campagne.

L'heure des débats télévisés est terminée au Parti socialiste. Le dernier avait lieu hier soir, quatre jours avant le 1er tour de la primaire, dimanche. Une primaire qui avait commencé par une polémique, l'UMP contestant notamment un système de fichage organisé. Mais depuis, le principe semble être accepté, à droite comme à gauche. La primaire fait désormais partie du paysage et plus personne ne critique le principe en tant que tel.

Il y avait déjà eu des primaires chez les socialistes en 2006 pour la présidentielle de 2007. Et même à l’UMP pour désigner la chef de file aux régionales en 2010, Valérie Pécresse. Aujourd'hui, le succès de la primaire socialiste est tel que plus personne ne s’oppose à ce concours de prétendants. Valérie Pécresse justement, est de ceux ou de celles qui approuvent à l’UMP, même si c’est avec un petit bémol. "Ce que je constate dans cette primaire présidentielle, c’est qu’à force de parler à ses électeurs pour se faire désigner, on en oublie l’intérêt général", commente-t-elle ce matin sur Radio Classique. Une critique qui touche autant au fond qu'à la forme. Car la primaire a tenu la Une de l’actualité pendant des semaines. Même le secrétaire général de l’UMP, pourtant très critique sur ce fichage des sympathisants de gauche, même Jean-François Copé, donc, a suivi tous les débats socialistes.

  • Voir aussi : Fillon trouve que la primaire, c’est "moderne"

    Au final, la primaire c’est un plus pour le PS. Le publicitaire Jacques Séguéla est dithyrambique. "C’est le plus grand hold-up médiatique du siècle. Six heures de télévision sans contradicteur", commente-t-il sur France 2. Jacques Séguéla qui soutient désormais François Hollande.

    Et certains soutiens à ce processus de la primaire voudraient bien se faire oublier aujourd'hui. C’est le cas de Stéphane Richard, le patron de France télécom. Un écho du Figaro nous narre sa stupéfaction ce matin. L’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde démentirait vigoureusement des rumeurs sur internet disant qu’il voterait à la primaire socialiste. Stupeur de Stéphane Richard qui n’a jamais caché son soutien au président de la République, rappelle le Figaro. Seul problème, il ne s’agit pas de rumeurs, mais de propos bel et biens tenus. C’était sur France Info la semaine dernière : "Parce que ça m’intéresse. Parce qu’on nous donne la possibilité d’avoir une influence sur le casting de l’élection présidentielle [...] oui, je le ferai". Stéphane Richard qui s’est dit par ailleurs "tout à fait en harmonie avec la plate-forme de valeurs qui est celle qui sera proposée à tous les électeurs des primaires dans quelques jours." Une interprétation possible c’est que Stéphane Richard fasse partie des sympathisants UMP qui votent à la primaire socialiste pour désigner le candidat le moins dangereux pour Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy qui part en Asie centrale ce matin avec dans sa délégation, Stéphane Richard.

  • Voir aussi : Primaire socialiste : ils ont choisi leur candidat, et vous ?

    EE-LV a du mal à financer la campagne présidentielle de sa candidate

    Et pendant que le PS se cherche un candidat. Europe Ecologie- Les Verts cherche de l'argent pour financer la campagne d'Eva Joly. Le parti écolo va même lancer une souscription. Car même si EE-LV a progressé dans tous les derniers scrutins, ce ne sont pas les scrutins qui rapportent pour un parti. Non, l'argent vient de l’Assemblé nationale, des députés, et les écolos n'en ont que quatre. Pas de quoi financer une campagne présidentielle.

    EE-LV compte donc sur "le talent" de ses bénévoles et lance un appel à toutes les bonnes volontés. "On n’a pas du mal, on a des difficultés normales", explique sa secrétaire nationale, Cécile Duflot, ce matin sur France info. Budget prévu : entre 1,5 et 2,5 millions d’euros, quand le maximum autorisé est de "22 millions d’euros", rappelle la chef de file d’EE-LV qui fait contre mauvaise fortune bon cœur en soulignant le caractère "très économe" de la campagne de son parti. Des "moyens limités" qui obligent à "la sobriété" et à "l’inventivité" note-t-elle.

    Une chronique de Marie-Eve Malouines et Olivier Bost
    Préparée avec Charlotte Coblentz
    Présentée en direct par Mathilde Munos
    _ Page web : Cécile Mimaut

Vous êtes à nouveau en ligne