L’analyse des meetings du week-end

Retour sur le week-end politique, avec un vrai match de ping-pong entre les candidats Hollande, Sarkozy et Le Pen.

Où comment chacun se renvoie la balle par meeting interposé. Samedi, c'est Nicolas Sarkozy qui ouvre le bal à Bordeaux avec un discours très ancré à droite : "Pourquoi ne pas reconnaître que l’immigration peut être aussi un problème ?".

Entre les lignes, le président sortant, en baisse dans les sondages, accuse François Hollande d'être une menace pour la République. Sur le thème de l'immigration mais aussi sur le droit de vote pour les étrangers, qu'il taxe de communautarisme, ou encore sur l'idée défendue par le candidat socialiste d'imposer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros.

Et alors que Nicolas Sarkozy s'emporte "je ne veux pas de la république des clans, des sectaires, des haineux" et qu'il accuse François Hollande de vouloir mener une purge contre les hauts fonctionnaires, à Dijon, le candidat socialiste lui répond. Il affirme qu’avec lui l'Etat ne sera pas l'Etat PS ; l'Etat c'est l'Etat de tous les citoyens. Et le socialiste veut être à la hauteur de la campagne : "C’est un combat qui n’est pas un pugilat ; la confrontation, elle n’est pas faite pour détruire, elle n’est pas faite pour diviser, elle est faite pour dépasser […] Je veille chaque jour à ne pas me laisser entrainer par la polémique, la surenchère".

Dans les sondages, Nicolas Sarkozy baisse. 30,5% pour François Hollande contre 23% pour le président candidat, selon un sondage LH2 pour Yahoo.
Pour Jean-François Doridot, le directeur de l'institut Ipsos, cela tient à une question d'image : "François Hollande est perçu comme sympathique, ce n’est pas le cas de Nicolas Sarkozy […] En revanche,  il y a très peu d’adhésion à François Hollande : on n’a que 14% des français qui souhaitent vraiment qu’il soit élu [...] je pense que la stratégie du président de la République est que finalement ce manque d’adhésion à François Hollande se transforme en rejet".

Et il y en a une que ces flottements à l'UMP arrange, c'est Marine Le Pen. La candidate du Front national tenait un meeting à Marseille, hier. Accompagné de son père, symbole s'il en est d'un retour au fondamentaux du FN, Marine Le Pen a bien compris que Nicolas Sarkozy tente de siphonner ses électeurs et elle lui répond en attaquant son bilan sur la sécurité, dans une cité phocéenne où les règlements de compte sont fréquents : "Marseille est devenu le triste symbole du terrible échec de Nicolas Sarkozy sur l’insécurité […] ou est le karcher ?".

L'UMP compte sur le grand meeting de Nicolas Sarkozy à Villepinte, dans le Val d'Oise, dimanche prochain pour remonter dans les sondages. Les plus optimistes attendent 50.000 personnes.

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