L'après Borloo dans toutes les têtes au centre... et ailleurs

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Borloo hors jeu, ses partisans se retrouvent orphelins et ruminent leur déception. François Bayrou, lui, est remis en selle et se porte candidat à la présidentielle ; Hervé Morin est en embuscade et l'UMP appelle les centristes au rassemblement.

Le grand jeu de la récupération des voix du centre avait commencé dès hier. A l'UMP, Jean-François Copé a lancé un appel aux radicaux. Ils sont bien entendus les bienvenus. Le secrétaire général de l'UMP compte aussi sur le ministre Jean Léonetti pour les rassembler dans un nouveau club République et Humanisme. Ca s'appelle de la récup'.
_ François Bayrou, lui, hier-soir au 20 heures de France 2 s'est défendu de faire une chose pareille : "je veux pas faire de récupération" . Pas de récupération, mais... car il y a un mais avec François Bayrou : "Mais je sais que nous devront tous être ensemble lorsque la question, se posera de savoir si on veut ou pas changer les choses".

Le rassemblement, c'est le mot du jour.
_ Mais Français Bayrou a quelques ennemis, comme la ministre Valérie Pécresse sur iTélé : "ca fait vingt ans que François Bayrou ne s'est plus exprimé sur une très grande proposition ou sur une réforme [...] a-t-il encore les moyens de ses ambitions, a-t-il encore des propositions à mettre sur la table [...] pour l'instant , c'est des questions auxquelles aucun français n'a de réponse."

Et autre ennemi de François Bayrou
Celui qui n'est pas encore candidat, comme Bayrou, mais qui le sera très certainement. Il s'agit Hervé Morin, le président du Nouveau Centre et ancien meilleur ami de François Bayrou sur RTL : "sur nombre de sujet nous sommes du même avis, mais il y a a une immense différence entre lui et moi ; je ne suis pas dans l'ambiguïté ; je sais que si je ne suis pas au second tour j'appellerai à voter pour un candidat de droite".

Après cette déclaration, on en déduit qu'Hervé Morin sera candidat pour 2012.

Et comme François Bayrou, il a des ennemis au gouvernement. Nadine Morano qui s'exprimait sur Canal+ : "je pense que cette candidature serait inutile et apporterait de la division ; j'appelle Hervé Morin à travailler avec nous a prendre toute sa place à l'UMP".

Jean-Louis Borloo laisse des orphelin... plutôt aigres.

Certains se sentent trahis, parlent de coup de Trafalgar. Ils avaient eu Jean-Louis Borloo au téléphone ces derniers jours, ils connaissaient ses atermoiements, ses coups de blues, presque habituels. Ils n’ont pas vu venir le coup.
Encore tout estourbis, Rama Yade, Yves Jego et Dominique Paillé ont déjeuné ensemble hier pour constater les dégâts. Ils savent que Nicolas Sarkozy ne leur pardonnera pas d’avoir quitté l’UMP pour l'aventure Borloo. Ils sont seuls en rase campagne maintenant.
La rancœur était encore grande hier. La formule : "il faut lancer l’opération dé-borlooisation", a même été prononcée. Qu’en restera-t-il ce matin. Peut-être un peu moins d’amertume, et plus de pragmatisme.
Mais tout le monde n’est pas d’accord pour licencier Jean-Louis Borloo. Le président d’honneur du parti radical, André Rossinot estime que l’ancien futur candidat reste incontournable : "ce que représente Jean-Louis comme valeurs comme travail [...] est un élément très fort ; il a apporté une légitimité renouvelée au Parti Radical"

Car Jean-Louis Borloo l’assure à ses amis : ils seront encore plus forts et audibles, après son retrait. Pour l’instant, ils ont du mal à le croire.
En fait tout dépend de la façon dont on explique le retrait de Jean-Louis Borloo. Jean-Louis Borloo estime que les conditions n’étaient pas réunies pour sa candidature. Dans ce cas, la famille centriste pourrait se rassembler, autour d’une autre personnalité, qui reste à trouver.

Mais d’autres, du coté de l’Elysée, pensent que c’est leur travail, très dissuasif qui a porté ses fruits. L’opération serait donc tout bénéfice pour Nicolas Sarkozy, qui pourrait enfin commencer à construire sa candidature unique, pour la majorité.

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