L'affaire Karachi, la retraite à 67 ans et le coût de la primaire socialiste

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Au menu de Tous en Campagne ce matin, la retraite à 67 ans en 2030. Idée lâchée par François Fillon et déjà vivement commentée. Il s’agit d’harmoniser la législation française avec celle de l’Allemagne. Mais la proposition du Premire ministre ne convainc ni les syndicats ni l’opposition. _ Suites de l'affaire Karachi et le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Y-a-t-il panique à bord ? L'Elysée se défend dans un communiqué qui laisse à penser qu'il y a pu avoir violation du secret de l'instruction. Une affaire qui éclabousse ce matin l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux qui, selon Le Monde.fr, aurait appelé son ami Thierry Gaubert, aujourd'hui mis en examen dans cet affaire, pour le prévenir que la justice avait "énormément de choses"... contre lui.

La campagne d'Edouard Balladur en 1995 a-t-elle été financée via des rétro-commissions liées à des contrats d'armement ? Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, deux proches de Nicolas Sarkozy sont désormais mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi. Thierry Gaubert qui a eu un contact téléphonique avec Brice Hortefeux pendant sa garde à vue. C'est ce que confirme ce matin à l'AFP le vice-président de l'UMP. "Je ne savais pas qu'il était en garde à vue. Quand il a décroché, c'est lui qui m'a dit qu'il était en garde à vue. C'est la preuve que je n'ai accès à aucun élément du dossier", se justifie le vice-président de l'UMP.

Brice Hortefeux qui, d'après le Monde.fr qui publie ce matin des extraits d'écoutes téléphoniques, avait appelé Thierry Gaubert, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, dès le 14 septembre, pour le prévenir que son épouse "a balancé" apparemment beaucoup de choses lors de son audition par les policiers : "Ça m'embête de te le dire par téléphone, je te raconterai, mais ils ont énormément de choses" aurait dit Brice Hortefeux à son ami, avant de demander : "T'as eu Bazire parce que visiblement, il est lui aussi dans cette histoire". Une conversation qui tendrait à penser qu'il y a eu violation du secret de l'instruction de la part de Brice Hortefeux. Faux, rétorque l'intéressé. Oui, il a bien appelé Thierry Gaubert le 14 septembre dernier, mais à partir de "rumeurs de presse". "Il s'agissait juste d'une conversation entre amis après avoir eu vent de ces rumeurs", a-t-il précisé à l'AFP. "Je n'ai jamais eu accès au moindre élément sur cette enquête. Si j'avais eu accès au procès-verbal" d'Hélène de Yougoslavie, "j'aurais donné des éléments précis dans la conversation", se défend le vice-président de l'UMP.

  • Affaire Karachi : la Présidence en mode défense

    "Calomnie et manipulation politicienne". Voilà comment a réagi de son côté l’Elysée, hier après-midi, après la mise en examen de Nicolas Bazire et Thierry Gaubert dans le volet financier de l’affaire Karachi. Dans un communiqué, la Présidence dément tout lien entre Nicolas Sarkozy et le financement de la campagne électorale d’Edouard Balladur en 1995, et affirme que le nom du chef de l’Etat n’est pas cité dans le dossier. Une affirmation qui suppose, là encore, la connaissance exhaustive et rapide d’un dossier pourtant protégé par le secret de l’instruction. Le PS monte au créneau et réclame la levée du secret défense sur certains documents.

    Retraite : la dernière proposition choc de François Fillion

    Le Premier ministre souhaite passer l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans en 2030, expliquant qu'il voudrait aligner la France sur le régime allemand. Une idée immédiatement et vivement commentée. Les socialistes ne sont pas d’accord avec cette proposition. Pour Martine Aubry, François Fillon "mélange tout". "Je suis d'accord pour être en conformité avec l'Allemagne, mais pas avant 2029 et, comme l'Allemagne, en distinguant les emplois pénibles, ce que ne fait
    pas le gouvernement français", a-t-elle réagi. Pour Ségolène Royal, le Premier ministre n’est pas honnête. Pour François Hollande, il est incompréhensible.

    Et du coup, les UMP s’efforcent de clarifier les choses.

    Au final, l’annonce de François Fillon fait l'unanimité contre elle, des syndicats et de l’opposition. Elle laisse aussi entendre que la précédente reforme n'a pas résolu le problème. Seule avantage, la France rassure l'Allemagne sur sa volonté d’harmonisation de la fiscalité des deux pays.

La primaire socialiste va coûter entre "3 et 3,5 millions d'euros"

La primaire pourrait coûter de plus en plus cher au PS. Sur France Info la semaine dernière, Jean Pierre Mignard, qui surveille le bon déroulement de cette campagne, envisageait déjà un chiffre supérieur à 2,5 millions d'euros. Et bien ce sera encore plus que ça. Et c'est le trésorier du PS qui donne ses chiffres ce matin sur notre antenne. Le coût de la primaire socialiste se situera "entre 3 et 3,5 millions d’euros", estime Régis Juanico.

Et parmi les nouveautés cette année, un stylo magique - et au coût exorbitant - pour éviter les fraudes. Équipé d'une petite camera, il empêcherait toutes les ratures, surcharges et gommages qui refont le vote. Seul problème, d'après les calculs du Parisien, il en couterait 300.000 euros au PS. Le Parti socialiste qui espère bien dépasser le million de votants aux scrutins des 9 et 16 octobre prochain... A un Euro le vote, ça fait déjà un million d'euros.

En bref

Martine Aubry a passé un coup de fil à Ségolène Royal pour lui souhaiter bon anniversaire hier. De son côté, François Hollande a confié qu'en cas de victoire, il ne laisserait pas Arnaud Montebourg inoccupé. Autant d'amabilités qui le montrent : certains pensent déjà aux reports de voix du second tour.

  • Agenda

    Hervé Morin, président du Nouveau centre, sera l'invité de Radio France Politique dimanche, de 18h10 à 19h00. A suivre en vidéo et en direct sur franceinfo.fr.

    Marie-Eve Malouines et Jérôme Jadot
    Une chronique présentée par Mathilde Munos
    Préparée avec Charlotte Coblenz
    _ Page web : Cécile Mimaut

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