Jean-Marc Ayrault balise... le terrain

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Jean-Marc Ayrault sur tous les fronts. Le Premier ministre reçoit et consulte tous azimuts. Sa mise à plat fiscale divise, à droite comme à gauche.

C'est
comme s'il était en train de baliser... le terrain. Il faut dire que la pression
ne faiblit pas en cette fin d'année. Faites l'addition : équitaxe,
routiers, bonnets rouges, Mélenchon en 1788, Aubry devant ses troupes, rien
n'apaise la colère sociale dans la rue, mariée à une contestation permanente au
sein d'une gauche décidément très plurielle. Sa proposition de refonte de la
fiscalité a replacé Jean-Marc Ayrault en première ligne. Pour le meilleur : le
Premier ministre éloigne le mistigri du remaniement. Et pour le pire : le voilà
surexposé quand ça ne va pas, c'est à dire à peu près tous les jours. Il fut un
temps où François Hollande se serait emparé du travail du dimanche. Qu'à cela
ne tienne, Jean-Marc Ayrault s'est mis au bricolage afin de traiter le rapport
Bailly en personne ce matin. Plus rien ne l'arrête.

Il défendra
sa réforme fiscale face aux députés et sénateurs UMP reçus également ce matin à
Matignon.

 "On
ne va pas se dire que des choses agréables
", promet Christian Jacob, dont
l'une des missions est de harceler le Premier ministre lors des séances des
questions au gouvernement. Après les syndicats il y a une semaine, Jean-Marc
Ayrault consulte les groupes UMP de l'Assemblée et du Sénat, qui dénoncent le matraquage
fiscal des classes moyennes et une manœuvre politicienne de la part de
l'exécutif. La droite, qui a pourtant multiplié les impôts et creusé les
déficits lors du précédent quinquennat, accuse le gouvernement d'avoir fabriqué
cinquante milliards de déficits et vingt milliards de dépenses supplémentaires en
dix-huit mois de pouvoir. A l'ouest, rien de nouveau.

Ce sera ensuite au tour du PS, et
là encore, ce n'est pas gagné.

Le séminaire face aux députés socialistes cet après-midi à l'Assemblée ne sera pas
du luxe. Le mécontentement dépasse la seule réforme fiscale. L'aile gauche du
parti reste hostile à la politique d'austérité mise en œuvre depuis l'élection
de François Hollande : les frondeurs réclament des baisses d'impôts pour
favoriser la croissance. Le Premier ministre doit calmer leurs ardeurs, faire
en sorte qu'il n'y ait pas de cacophonie dans les rangs quand viendront les
hausses de TVA au premier janvier. Comme le disait Henri Queuille, ancien
président du Conseil sous la IVe République et illustre Corrézien, "la
politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux
qui les posent".

Le
Premier ministre veut gagner du temps.

L'important,
c'est de durer, autre vertu en politique. Il ne restera ensuite plus que quinze
jours et une conférence de presse présidentielle pour tenir jusqu'aux vacances
de Noël. Puis, place aux vœux, aux élections municipales, aux élections européennes,
et hop ! Nous serons déjà en juin, avec le même Jean-Marc Ayrault, assuré
de durer au moins jusqu'à l'été, c'est du moins ce que pensent ses amis. Le
président n'est aujourd'hui plus seul à prendre les coups. Les prochains
baromètres d'opinion nous diront si l'opération aura été payante.