François Hollande, VRP au Qatar

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

François Hollande en déplacement au Qatar ce week-end. Visite à forte teneur économique, même si il sera aussi question de la Syrie. Le chef de l'Etat veut conforter les relations entre la France et le richissime petit émirat alors qu'en France, les investissements qataris font polémique.

Mais qu'est-ce donc que le Qatar ? Le petit émirat du Golfe persique, inconnu encore il y a quelques années fait partie du paysage français. Outre le PSG son navire amiral en France le Qatar possède des participations dans Vinci, Total ou Lagardère, investit dans l'art, ouvre des chaînes de télé. Et la France ne représente que 10% de ses investissements. C'est trop pour la présidente du Front national, Marine Le Pen : "Je suis une adversaire résolue du Qatar dont je considère qu'il mène une politique avec la complicité de l'UMP et du PS. Ils investissent massivement en France, y compris dans des entreprises stratégiques, avec tous les dangers politiques que cela entraîne. Ce serait une bonne chose de les empêcher d'investir dans des entreprises stratégiques ".

Et d'accuser le Qatar d'être le cheval de Troie de l'islamisme. Pour le directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, l'Iris, Pascal Boniface, c'est que la société qatarie elle-même est tiraillée entre progression et conservatisme : "Le Qatar qui cherche des soutiens un peu partout dans le monde et y compris en France n'irait pas soutenir des mouvements terroristes. Par contre c'est vrai qu'ils ont des liens idéologiques avec les confréries des frères musulmans un peu partout dans le monde arabe. Effectivement, le Qatar n'est pas une démocratie à l'occidentale. Mais ce qu'il faut bien voir, c'est que l'élite dirigeante de ce pays, qui se résume à quelques personnes, est en avance sur la société. Et s'ils étaient remplacés, les choses iraient beaucoup plus mal ".

Fonds franco-qatari

Entouré de chefs d'entreprises, François Hollande espère boucler le futur fonds d'investissement franco-qatari. Il remplacera le projet banlieue, qui a fait polémique. Ce que regrette l'un de ses promoteurs, Kamel Hamza, élu UMP de la Courneuve, en région parisienne : "C'était tout simplement une initiative menée par des élus de la République française, qui sont partis au Qatar comme beaucoup de politiques, beaucoup d'entreprises du CAC 40 pour trouver des relations économiques entre la France et le Qatar. On n'avait qu'une ambition, c'était vendre le savoir-faire de nos banlieues, et je crois que ça n'a pas été très bien compris ".

Ce fonds sera de 300 millions d'euros au lieu des 50 prévus pour le fonds banlieue. Et il est très attendu par les élus. Le député UDI Maurice Leroy, président du groupe d'amitié France-Qatar, fait confiance aux contrôles : "Je n'ai pas de raison de craindre. Moi je suis président de Conseil général, je vous assure que si demain j'ai un fonds chinois, un fonds américain, un fonds qatari, un fonds belge ou un autre qui me dit qu'il vient investir en Loir-et-Cher, excusez-moi mais je serai le plus heureux des présidents de conseil généraux ".

Et au Qatar, François Hollande espère aussi vendre des produits français : des métros, des tramway... et des Rafales. On attend toujours le pays qui sera le premier heureux acheteur de ce fleuron technologique dont nous sommes les seuls à bénéficier et à payer.

Vous êtes à nouveau en ligne