François Hollande tente de reprendre la main

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Au plus bas dans les sondages, six mois après son investiture, contesté dans sa propre majorité, le président de la République va tenter aujourd'hui de rebondir lors de la première conférence de presse de son quinquennat. Un exercice imposé qui s'annonce très délicat.

De Gaulle et Mitterrand l'affectionnaient, Jacques Chirac beaucoup moins. Nicolas Sarkozy a rapidement cessé de s'y prêter. Quant à François Hollande, il a promis de s'y livrer tous les six mois. Dans un lieu neutre, avait-il dit avant d'être rattrapé par les institutions et le changement de rythme médiatique. La présidence normale a vécu. Les 400 journalistes sont donc conviés à l'Elysée - petit renoncement à une promesse symbolique.

Le renoncement, c'est précisément ce qui est reproché à François Hollande. La droite l'accuse d'avoir menti pendant sa campagne, la gauche de prendre des libertés avec l'agenda du changement promis. Soupçonné de renoncement, voire de reniement, il doit convaincre de la cohérence de son action - "cohérence", un leit motiv de sa campagne.

De la loi sur les licenciements boursiers au droit de vote des étrangers, n'a-t-il pas abandonné certains engagements ? Pire, l'augmentation de la TVA, jusqu'ici vigoureusement écartée, le soutien clair aux entreprises, la reculade face aux "patrons pigeons", le choix de la politique de l'offre ne sont-ils pas la marque d'un virage à droite ? François Hollande refuse toute idée de tournant, et parle d'"inflexion". Sans toujours convaincre dans sa propre majorité.

Autre critique récurrente à son encontre : l'absence de cap. Ce qui peut paraître contradictoire : soit on vire de bord, soit on fait des ronds dans l'eau. En attendant, la métaphore maritime est à gauche comme à droite très tendance cet automne. Et l'Elysée tente de parer à la critique. Les mots ne trompent pas : depuis la rentrée, François Hollande lui-même ne cesse de parler de "cap", de "détermination", de président "en première ligne", pour démonter les accusations d'indécision et d'improvisation.

Le "sens" de l'action présidentielle sera donc au cœur de la conférence de presse de François Hollande. Mais le sens est aussi affaire de récit, et sur ce point il y a comme un vide. Tout à sa volonté de rompre avec le sarkozysme, François Hollande n'a pas voulu se prêter au jeu du story-telling, cette façon de séquencer la vie politique pour dicter le tempo médiatique. Or il n'a pour l'heure, rien inventé d'autre. Du coup, les médias, qui ont horreur du vide, s'empressent d'écrire eux-mêmes la "chronique d'un échec annoncé".

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