François Hollande a remotivé ses parlementaires... et son opposition

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Ce jeudi François Hollande n'a pas seulement tenté de rassurer les Français sur sa politique. Il a aussi essayé de remonter le moral de sa majorité. Pendant une heure après sa conférence de presse, il est allé à la rencontre d'une centaine de parlementaires socialistes et écologistes. Il leur a tenu un petit discours de 10 minutes avant de passer un quart d'heure à serrer des mains et à discuter avec eux.

Cela faisait un an que François Hollande n'avait pas eu de
contact direct avec autant de députés et de sénateurs de sa majorité. De jeunes
élus ne l'avaient d'ailleurs jamais vu ailleurs qu'à la télé. Mais quel message
François Hollande voulait-il leur fait passer?

Le chef de l'Etat a expliqué à ses troupes qu'il avait été
surpris par la violence de l'UMP dans le débat public et parlementaire. Sans
doute la gauche a-t-elle pensé que les défaites à la présidentielle et aux
législatives allaient provoquer un "hiver nucléaire à droite" et
qu'elle allait passer plusieurs années à l'abri, tranquille, pépère, pour
reprendre un surnom en vogue. François Hollande leur a donc expliqué le
contraire comme le confie le député PS Jean-Christophe Cambadélis :

"Il a dit que l'on avait sous-estimé la violence de la
droite par rapport à notre politique".

La majorité doit donc être offensive sans trop en faire. C'est
aussi cet équilibre qu'à retenu le patron des députés PS, Bruno Leroux :

"Il nous a dit qu'une partie de la droite essayait de délégitimer
notre action".

Un appel à la mobilisation et à l'unité avec, en ligne de
mire et sans les citer, les prochains rendez-vous électoraux : municipales, européennes,
puis régionales qui pourraient virer à la catastrophe pour les socialistes. Perdre
toutes les élections intermédiaires n'est jamais un très bon signe pour la
suite. La majorité doit donc rester dans le combat selon François Hollande. Le
député socialiste Malek Bouthi :

"Il faut être dans le combat, dans le sens intellectuel
et politique".

Visiblement l'opération pour remotiver les troupes a donc
fonctionné.

François Hollande devait aussi répondre aux doutes sur sa
façon de gouverner. Est-ce que cela a marché ? C'est bien plus difficile de le
dire puisque François Hollande a tenté de s'attaquer à l'une des critiques
récurrentes de la droite et qui a fini par prendre dans l'opinion, son manque
d'autorité, son manque de charisme. Hier, le chef de l'Etat a vraiment lutté
contre le procès en illégitimité de ses opposants :

"Je n'ai cessé de décider depuis que je suis là!"

Décider, décider, décider... Mais toujours pas de quoi
convaincre l'opposition. Hier-soir sur France Info, deux responsables de l'UMP
Luc Chatel et Laurent Wauquiez se montraient toujours aussi sévères :

"C'est le semaine du Festival de Cannes et il nous a
fait un film!"

L'UDI Hervé Morin se demandait hier-soir si l'An 1 du
quinquennat était celui du changement, l'An 2, celui du mouvement - selon la
formule des communicants de l'Elysée. "L'enterrement, c'est pour quand?"
ajoute-t-il. Pas de changement de registre donc. Il n'y a pas que François
Hollande, même s'il a beaucoup employé le mot hier, qui est offensif.

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