Du sang et des larmes pour 2012

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Alors que les pays de la zone euro peinent à définir une réponse commune à la crise de la dette, les état-majors politiques s'inquiètent : comment s'engager dans une campagne présidentielle en promettant "du sang et des larmes" ?

Nous ne sommes pas en guerre, mais la situation est grave. Nicolas Sarkozy ne manque pas de dramatiser l'enjeu. Il avait annoncé un sommet européen crucial. L'heure de vérité est repoussée à mercredi. Mais c'est bien en rempart contre la crise que le chef de l'Etat se présentera, sans doute jeudi, à la télévision, 9 mois après sa dernière interview.

Le président bientôt candidat n'a guère le choix : il lui faut faire campagne sur la rigueur

Objectif : sauver le fameux triple A, quitte à imposer un nouveau tour de vis. Le budget 2012, actuellement discuté à l'assemblée, est bâti sur des prévisions de croissance qui vont être revues à la baisse. Cela veut dire qu'un plan d'austérité se prépare.Quand le mettre en œuvre ? C'est toute la difficulté pour l'Elysée, qui aurait préféré ne pas plomber la campagne de Nicolas Sarkozy. Mais il y a urgence. Le nouveau serrage de ceinture pourrait être réclamé en début d'année prochaine.

Plutôt que parler de "rigueur", Nicolas Sarkozy et le gouvernement entendent "dire la vérité aux Français"

Ce langage de vérité, c'est le sésame censé faire passer la pilule. La vérité, plutôt que les fausses promesses et les mensonges de la gauche. C'est le principal axe de la campagne menée contre François Hollande, intronisé ce week-end candidat socialiste pour 2012. François Hollande, qui a tenté de prévenir ces attaques : "je n'entends rien cacher des difficultés qui s'annoncent [...] je ne serai pas le président qui reniera ses promesses en découvrant avec effroi que les caisses sont vides".
_ François Hollande, l'homme des promesses qu'il ne pourra pas tenir, persiste à dénoncer une partie de la majorité. Ainsi, le ministre de la défense Gérard Longuet, qui accusait hier le programme du PS d'être à l'origine d'une possible dégradation du triple A. Toutefois, à droite, certains doutent de l'efficacité de ce plan anti-Hollande. Dominique Bussereau, ancien ministre des transports, proche de Jean-Pierre Raffarin : "je ne suis mécontent qu'il y ait la dessus une sorte d'unité nationale ; avoir un PS [...] qui dit on ne pourra pas faire n'importe quoi [...] je crois que c'est plutôt bon pour la démocratie qu'il n'y ait pas de propos irresponsables en tout cas chez les partis de gouvernement".

En bref : Paris et Dati

Dans son combat contre François Fillon, l'ex-garde des sceaux Rachida Dati rouvre les hostilités.
Invitée hier de Radio France Politique, l'ex-protégée de Nicolas Sarkozy sort le bazooka contre le Premier ministre, qui devrait briguer la même circonscription qu'elle aux prochaines élections législatives à Paris. François Fillon accusé de favoritisme, accusé aussi d'être un couard qui craint de ne pas être réélu chez lui. De quoi pimenter la réunion des élus UMP de paris, prévue aujourd'hui. Réunion sous l'égide du patron de l'UMP Jean-François Copé, qui a intérêt à garder son casque bleu vissé sur la tête. Gare aux grenades.

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