Débat de la primaire PS, scrutin de dimanche et affaire Trierweiler

L'actualité politique est dominée aujourd'hui par le 3eme et dernier débat télé avant le premier tour de la primaire socialiste. Le scrutin de dimanche prochain se passera-t-il bien ? Par ailleurs, les informations concernant la compagne de François Hollande font aussi réagir aujourd'hui.

Le dernier débat télé avant le premier tour de la primaire est censé bousculer les certitudes de celles et ceux appelés à se rendre aux urnes dimanche.
Le rapport de force, observé depuis le début de la campagne de la primaire, place Hollande loin devant Aubry et Royal en embuscade, devant Valls et Montebourg qui se positionnent pour 2017 et Baylet le radical qui se moque du projet PS. Ce rapport de force pourrait en effet être bouleversé ce soir.
En tout cas, les deux dames vont tenter de le bousculer avec le risque que cela nuise à l'image de camaraderie bon enfant, à l'image d'unité offerte au peuple de gauche, à l'opinion en général, par les concurrents.

Leurs attaques sur le député corrézien se font plus vives depuis quelques jours. Martine Aubry et Ségolène Royal visent ses positions sur le non cumul des mandats, son manque d'expérience ministérielle et son caractère de social-démocrate trop mou.
François Hollande, fort de sa popularité, entend une fois de plus se positionner au-dessus de la mêlée, style chiraco-mitterrandien, et ne pas répondre aux polémiques pour conserver une certaine stature présidentielle.
Manuel Valls et Arnaud Montebourg s'affronteront, eux, à distance pour prendre date. La date c'est 2017 ou 2022. Avec des lignes idéologiques claires. Pour le premier l'aile droite du PS, le second, à gauche toute.
_ Ce soir, au-delà des perfidies, il devrait y en avoir entre les "tu as raison Martine" et "je suis d'accord avec toi", les 6 candidats vont évoquer de grands sujets de société. L'éducation, la santé, le logement, les services publics. Ce soir, il n'y aura pas de minute de présentation mais une question de conclusion "Pourquoi vous ?"
Qui osera répondre "pourquoi pas" ?

Le vote dimanche sera-t-il réglo ?

Et si ça ressemblait au dernier congrès socialiste, quand les urnes de plusieurs fédérations avaient été franchement bourrées, les deux camps finissant par s’accuser mutuellement de tricherie à grande échelle. Au Parti Socialiste, on assure que tout cela, c’est du passé. Les résultats dimanche soir passeront par 3 canaux différents pour remonter des bureaux de vote jusqu’à Paris. Le tout sous la surveillance de 200 huissiers.
_ Pour le porte-parole du PS Benoît Hamon, il n’y a aucune possibilité de fraude : "pour le dépouillement d’un bureau de vote, vous avez 20 personnes autour des assesseurs qui dépouillent ; là il y aura probablement une effervescence identique plus un stylo électronique, plus un contrôle par huissier au niveau départemental, plus une centralisation par audiotel".

Mais ça n’empêchera pas chaque camp de surveiller les autres.
Ségolène Royal sera vigilante : "dans tout scrutin indépendamment des primaires, il faut toujours être vigilant"
Le camp de Martine Aubry assure qu’il aura des représentants dans tous les bureaux de vote.
Le camp de François Hollande espère couvrir 3 bureaux de vote sur 4. Chez Hollande, ils regarderont en particulier s’il n’y a pas de sur-mobilisations étranges dans certains bureaux. En fait, personne ne fait confiance au voisin dans ce vote.

Les militants UMP peuvent ils s’inviter à la primaire pour brouiller les pistes ?

C’est un ministre qui l’a confié à France Info il y a quelques jours. Dans sa région, il a donné pour instruction à ses militants d’aller voter pour Ségolène Royal. Ces propos viennent confirmer une veille rumeur : "et si la droite s’invitait dans le scrutin".
Le député socialiste Jean-Jacques Urvoas ne l’écarte pas mais ne se fait pas de soucis : "je pense que ce sera marginal [...] aux États-Unis ou ils ont l’habitude de ce système, cela n’a jamais eu d’influence sur le résultat".

Après, tout dépend de la participation. Chez François Hollande, on a déjà fixé les niveaux de réussite :
à 500 000 électeurs, c’est un bide.
à un million de votants, c’est un succès.
à deux millions, au revoir Nicolas !

Affaire Trierweiler

L'Express fait état d'une enquête de police sur la journaliste Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande. La Préfecture de police dément. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant assure que l'enquête n'est pas avérée et il porte plainte contre L'Express.

Tout le monde en parle aujourd'hui.
Et c'est l'ex-compagne de François Hollande qui résume à la perfection ce qu'est une campagne présidentielle. Ségolène Royal expliquait hier qu'une campagne était dure, violente rappelant au passage que son appartement avait cambriolé par des services barbouzards même si cela n'a jamais été prouvé.
Des insinuations calomnieuses. Stop à la campagne des boules puantes. Voilà la ligne de défense du ministère de l'Intérieur et de la majorité.
Endosser en permanence le costume de la victime d'un complot ourdi par l'Elysée, "ça suffit", martèle le numéro un de l'UMP, Jean-François Copé, invité de France Info ce matin : "on ne peut pas continuer ainsi dans le système médiatique qui est le notre de balancer comme ça des informations qui permettent par insinuation par allusion de mettre en cause indirectement le pouvoir en place, c'est à dire le président de la République parce qu'à la fin, ça fait beaucoup".

Pour l'instant, il ne s'agit que d'une rumeur. Mais la rumeur est devenue affaire politique voire affaire d'Etat car elle concerne l'homme qui pourrait affronter Nicolas Sarkozy en 2012.
_ Cette sombre histoire permet aux socialistes de reparler de la promesse du chef de l'Etat d'une République irréprochable.
L'eurodéputé Vincent Peillon, soutien de François Hollande sur I-Télé :
"on vit dans un feuilleton de cabinet noir, de pression sur les juges de coupe de téléphone , d'écoutes téléphoniques ; c'est insupportable et ça fait partie des grands enjeux de 2012".

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