Dans le coup de poker grec, le président français joue gros

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Jusqu'où la crise sans fin dans laquelle l'Europe semble plongée ? Peut-elle profiter à Nicolas Sarkozy ? L'Élysée entend en faire un argument de campagne : face aux crises internationales en général et financière en particulier, Nicolas Sarkozy est le plus armé. Construire l'image d'un président actif et écouté sur la scène mondiale, expérimenté, un président protecteur pour les Français. Mais le coup de théâtre du référendum grec pourrait bien remettre à plat ce scénario.

Certes, le chef de l'Etat s'est montré une nouvelle fois réactif. Il convoque Papandréou à Cannes pour lui remonter les bretelles et clarifier les choses. Il apparaît toujours à la manœuvre, à l'initiative. Mais le sommet du G20 présidé par Nicolas Sakozy devait parachever sa crédibilité internationale avec des résultats sur la relance mondiale ou sur une taxe sur les transactions financière. "Devait", car l'incertitude liée au référendum grec risque fort d'hypothéquer ces résultats.

L'entourage du chef de l'Etat laisse entendre qu'une sortie de la Grèce de la zone euro, décidée par les Grecs, ne serait après tout pas une grosse perte. Mais cela pousserait inévitablement les marchés à spéculer sur d'autres pays fragiles. C'est potentiellement le début de la fin de la zone euro. Une crise qui se prolonge et se durcit pèserait également encore plus sur la croissance, ce qui fragiliserait encore un peu plus notre AAA. Bref, Nicolas Sarkozy joue gros dans le coup de poker grec.

Chronique : Jérôme Jadot
Page web : Cécile Mimaut

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