Raphaël Gorgé (Groupe Gorgé) : "Avec la 3D, on imprime des pièces de moteurs d’avions"

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Raphaël Gorgé, PDG du Groupe Gorgé, était l'invité de Jean Leymarie, mardi sur franceinfo, avant l'introduction en bourse de sa filiale Prodways, spécialisée dans l'impression en 3D.

Le secteur médical et le secteur aéronautique utilisent de plus en plus l'impression 3D.  Raphaël Gorgé, PDG du Groupe Gorgé, s'est montré optimiste, mardi 18 avril sur franceinfo, sur l'avenir de son entreprise spécialisée dans l’impression en 3D. Il est persuadé que dans 10 ans, "le secteur des soins dentaires va connaître un véritable bouleversement". Prochainement, le groupe Gorgé va introduire en bourse sa filiale, Prodways, spécialisée dans la 3D.

franceinfo : Qu'est-ce-que la 3D aujourd'hui ?

Raphaël Gorgé : L'impression 3D, c'est avant tout des applications industrielles. C'est un nouveau moyen de production. Nous nous focalisons beaucoup sur l'aéronautique ou le médical, mais à moyen terme, la plupart des industries vont être concernées.

Pourquoi le marché des particuliers ne décolle pas alors que pour l'industrie cela décolle très fortement ?

Cela va rester marginal pour les particuliers, pour l'instant. Il n'y a pas d'applications mises en place. La, mythique, poignet de frigo que l'on peut imprimer pour la réparer, finalement, ça ne représente pas une réalité aujourd'hui. En revanche, dans les industries, cela s'utilise. Nos machines se vendent. La différence avec autrefois, est qu'aujourd'hui on utilise la production 3D pour de la production de pièces définitives.

Que faites-vous en 3D ?

Dans l'aéronautique, nous allons pouvoir imprimer des pièces plus légères, enlever toute la matière qui n'est pas nécessaire et adopter des procédés de fabrication plus efficaces. C'est aussi le cas dans le médical. Il y a tout un tas d'objets fabriqués à la main en fonction de la physionomie de chaque patient. On parle beaucoup du coût des soins dentaires, je pense que dans les 10 années à venir le secteur va connaître un véritable bouleversement. Aujourd'hui, ce produit coûte très cher. Il est fait à la main et il est unique. Dans 10 ans, ces produits vont pouvoir être faits par des machines tout en restant unique.

Est-ce qu'une imprimante 3D coûte cher ?

Pour vous donner une idée, il faut compter de 100 000 à 500 000 euros pour les grosses machines. Boeing a indiqué, vendredi dernier, que l'utilisation de l'impression 3D pour certaines pièces métalliques va lui permettre de gagner 3 à 4 millions d'euros par avion. Cela représente une économie d'un demi-milliard d'euros chaque année.

La 3D peut-elle être décevante ?

L'incertitude est sur le rythme d'adoption. En interne, j'ai l'habitude de dire que notre principal risque est de faire un petit succès. Un petit succès serait un échec.

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