Plan pauvreté : "Il était temps !", selon Louis Gallois

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Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), a réagi jeudi sur franceinfo à la présentation par Emmanuel Macron de son plan de lutte contre la pauvreté.

Emmanuel Macron a présenté jeudi 13 septembre son plan pauvreté attendu depuis près d'un an. Parmi les mesures annoncées, créer davantage de places en crèches, prolonger l'aide sociale à l'enfance (ASE) jusqu'à 21 ans, mettre en place un service public d'insertion, et un revenu universel d'activité.

"Il nous faut une deuxième étape", a réagi sur franceinfo Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), qui se dit malgré tout satisfait de cette première phase.

franceinfo : vous attendiez ce plan depuis longtemps. Êtes-vous satisfait ?

Louis Gallois : Nous l'attendions et il était temps parce que les 18 premiers mois avaient été rudes avec la baisse des contrats des emplois aidés et des APL. Nous avions besoin d'être rassuré sur le soutien que le gouvernement pouvait apporter à la lutte contre la pauvreté qui est pour nous une exigence prioritaire.

C'est un plan qui est substantiel et il nous reste maintenant à prendre le gouvernement aux mots. Je pense que les propos du président de la République sont une base solide pour que l'on puisse avancer, mais il faudra regarder comment on avance. En tout cas, nous sommes prêts à participer à ça, si on nous en donne l'occasion.

Après les premiers de cordée, le président a évoqué les derniers de cordée. Que pensez-vous de cette image ?

Je ne suis pas fanatique des images parce qu'on peut les interpréter de différentes manières. L'expression "premier de cordée" nous avait un peu interpellé, et maintenant qu'on rajoute les derniers, on est un peu rassuré. Je pense qu'on ne peut pas mettre sur le même plan ce qu'on fait pour le premier de cordée et ce qu'on fait pour le dernier de cordée. La priorité c'est le dernier. Bien sûr, il faut des gens qui tirent mais il ne faut pas que ça se fasse aux dépens de ce qui sont les plus pauvres.

La priorité est-elle donnée aux derniers de cordée ?

Il y a un rééquilibrage, en tout cas, entre ce qui avait été dit et le fait que le dernier de cordée apparaisse, je le prends comme tel. J'aime bien voir les choses de manière optimiste, positive, donc je le prends comme tel. Ceci étant dit, ce plan n'est pas le bout du monde.

Qu'est-ce qui est le plus utile dans ce plan ?

Deux choses m'ont accroché. La première est tout ce qui concerne la prévention des effets de la pauvreté sur les enfants. Je crois que tout ce qui est dit là-dessus est très important. Je pense qu'il faut une deuxième étape, il y a des sujets qui n'ont pas été abordés et il le faudra.

Le second élément c'est sur l'emploi des jeunes avec l'extension et la généralisation de la garantie jeunes, le fait qu'on ne laisse pas tomber les jeunes à la sortie de l'aide sociale à l'enfance, avec le fait qu'on assure des formations jusqu'à 18 ans. Plus généralement, ce service public de l'insertion est une idée à laquelle nous n'avions pas pensé mais qu'on va essayer de nourrir. L'idée nous intéresse.

Qu'est-ce qui manque ?

Il y a eu une première étape et nous la prenons comme telle. Il nous faut une deuxième étape parce qu'il y a trois éléments qui me paraissent très importants. D'abord, le RSA : À quel niveau va se trouver ce fameux revenu universel d'activité ? Nous, on sait que 550 euros ne permettent pas aux gens de vivre. Il faut donc relever ça. Nous avons proposé un revenu de base à 800 euros. Le second élément est l'hébergement-logement. Il y a peu de choses dans le plan sur ce sujet et c'est un problème massif. Les centres d'hébergement vont mal financièrement et le logement manque à l'évidence. Le troisième élément est la santé scolaire. La santé des enfants pauvres n'est pas prise en charge correctement, et elle ne peut être détectée qu'au niveau scolaire.

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