Philippe Varin (Cercle de l’Industrie) : "Il faut remettre l’industrie au cœur du projet de société en France"

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Philippe Varin, président du Cercle de l'Industrie, était l'invité d'Emmanuel Cugny, lundi sur franceinfo, pour évoquer les recommandations faites par les industriels aux candidats à l'élection présidentielle.

Les industriels interpellent les candidats à l’élection présidentielle et leur font des recommandations pour peser sur la campagne. Philippe Varin, président du Cercle de l'Industrie, qui porte les intérêts de 38 grands groupes industriels français, était l'invité de l'interview éco, lundi 13 mars sur franceinfo. Celui qui est également président du conseil d'administration d'Areva souhaite "remettre l'industrie au cœur du projet de société en France" car elle reste selon lui "l'arme anti-chômage". Il propose notamment pour cela la création d'un nouveau contrat de travail "à droits progressifs".

franceinfo : Demander la poursuite de l'allégement des prélèvements obligatoires, soit une baisse de 60 milliards d'euros d'impôts sur cinq ans, n'est-ce pas trop ?

Philippe Varin : La France a des atouts. Il faut se donner les moyens de pouvoir les exprimer. Le CICE est une bonne mesure qui va dans le bon sens. Nous avons commencé à reprendre des marges qui augmentent. Pour autant, les prélèvements obligatoires pèsent sur les entreprises. Aujourd’hui, cela représente 44% de la richesse nationale. La moyenne européenne est à 40%. Nous demandons de faire la moitié du chemin de ce désavantage que nous avons avec nos concurrents. Cela représente 50 milliards de baisse d’impôts.

Embaucherez-vous, investirez-vous ?

S'il n'y a pas d'oxygène pour les entreprises, il n'y a pas d'investissement. C'est la condition de l'emploi. Nous demandons la simplification et la pérennisation des mesures d'allègements actuelles par une réduction sur l'ensemble des cotisations et des salaires. Actuellement, ces mesures portent uniquement sur les bas salaires.

Pourquoi demandez-vous une dynamisation du marché du travail dans la foulée de la loi El Khomri ?

Il faut s'appuyer sur la loi El Khomri. C'est une bonne loi, car elle rapproche de l'entreprise par les négociations. Il faut élargir tout ce qui touche à la réduction du poids qui pèse sur les entreprises. Il faut allonger la durée du temps de travail pour sortir des 35 heures. Nous proposons également un nouveau contrat. Un contrat à droit progressif pour sortir de la précarité dans laquelle nous nous trouvons, avec 85% des contrats qui sont des CDD. C'est un contrat où l'employé aurait des droits qui se construiraient dans le temps avec des clauses éventuelles du contrat déterminées dès le début.

Pourquoi est-ce important de mettre l'accent sur l'apprentissage ?

Il parait essentiel de rapprocher le dispositif d'apprentissage. Il est insuffisant en France. Nous n'avons que 400 000 apprentis. Les lycées professionnels disposent de 700 000 élèves en formation. Nous souhaitons rapprocher ces deux systèmes pour que la moitié des élèves des lycées professionnels entrent en système d'apprentissage.

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