L'interview éco. Jumia, "l'Amazon africain", connaît une croissance "phénoménale"

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Jérémy Hodara, cofondateur du groupe de commerce en ligne Jumia, s'est montré enthousiaste, vendredi sur franceinfo, quant au développement de son entreprise en Afrique.

Fort de son million de clients en novembre 2016, Jérémy Hodara, cofondateur de Jumia, a expliqué, vendredi 16 décembre sur franceinfo, que son site de vente en ligne connaissait une croissance "phénoménale". Le site, surnommé "l'Amazon africain", distribue de l'alimentation, des vêtements et de l'électroménager dans 20 pays d'Afrique, dont le Nigéria, la Côte d'Ivoire et le Maroc.

franceinfo : De grandes entreprises, comme Axa, Orange ou encore Goldman Sachs, ont investi dans Jumia. Elles croient en vous et pourtant votre site n'est toujours pas rentable depuis sa création en 2012.

Jérémy Hodara : Pour nous l'opportunité est de construire en Afrique le plus grand écosystème qui permette d'accéder à des services et à des produits. Aujourd'hui, on a une croissance qui est phénoménale sur le continent africain. La demande de la classe moyenne explose. On a des actionnaires qui sont convaincus que construire un écosystème de site Internet et d'application est la manière de consommer du futur en Afrique. On est donc focalisé là-dessus. L'objectif de rentabilité, c'est dans quelques années.

Amazon continue de se tenir à l'écart de ce marché. Le Français Casino, avec Cdiscount, a fini par renoncer à se développer au Cameroun et au Sénégal. Est-ce qu'ils ont tort d'être prudents ou est-ce que vous avez raison d'être téméraires ?

Il y a un milliard d'habitants aujourd'hui en Afrique. Il y en aura deux milliards dans plusieurs années. Le Nigéria, en 2050, ce sera le troisième pays le plus peuplé au monde, après la Chine et l'Inde. Il y a aujourd'hui, rien qu'à Lagos, 20 millions d'habitants. D'une manière ou d'une autre, la moitié de la population africaine a accès à Internet. Une large partie de cette population est jeune. Ces gens ont des besoins de consommation. Ce qui les retient, le plus souvent, c'est la distribution. La demande est là. Le principal frein, c'est justement un mode de distribution qui a parfois beaucoup d'intermédiaires et trop archaïque. Internet résout ces problèmes. C'est pour ça qu'on est très confiants sur le développement.

Vous avez quand même de la concurrence. Les deux groupes sud-africains, Steinhoff et ShopRite, se rapprochent pour créer "le leader de la distribution en Afrique".

Plus on est d'acteurs à se développer, plus on éduque le client à consommer de manière moderne. Aujourd'hui, que l'on aille dans une boutique ou sur Internet, ce que l'on souhaite, c'est avoir des produits avec un prix qui est le meilleur. Cela veut dire qu'on est plusieurs à croire à la même opportunité.

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