L'interview éco. "Il faut garder la loi travail", selon les directeurs des ressources humaines

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Jean-Paul Charlez, président de l’association nationale des directeurs des ressources humaines, était l'invité de Jean Leymarie, mercredi sur franceinfo, pour interpeller les candidats à l'élection présidentielle et présenter ses priorités en matière d'emploi.

L’association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) interpelle les candidats à l’élection présidentielle et présente ses priorités en matière d’emploi. Invité de l’interview éco, mercredi 22 février sur franceinfo, Jean-Paul Charlez, le président de l'ANDRH, met en avant l’insertion des jeunes, le coût et la durée du travail.

franceinfo : Les entreprises ne sont-elles pas les premières à devoir faire plus de place aux jeunes ?

Jean-Paul Charlez : Oui, mais il faut un contexte qui les y aident. Je pense par exemple à l’alternance, que ce soit avec l’apprentissage ou la professionnalisation. Il faut mettre en place des mesures comme l’exonération des charges sociales sur les apprentis. Ce n'est pas forcément pour en réduire le coût, mais c'est aussi pour augmenter leurs revenus. Il faudrait uniformiser les statuts des apprentis par rapport aux employés ordinaires. Un apprenti boulanger doit pouvoir travailler à cinq heures du matin, puisque c’est à cette heure-là que l’on fabrique le pain.

Faut-il un contrat unique qui viendrait remplacer le CDD et le CDI ?

Le CDD a du sens, quand il y a un surcroît d’activité ou un remplacement. Certaines entreprises exagèrent sur l’utilisation des CDD et détournent la loi avec des contrats extrêmement longs. Nous ne voulons pas le supprimer, mais lui rendre son utilité. Nous souhaitons un système incitatif favorisant les entreprises qui utilisent moins de CDD par rapport à celles qui en utilisent plus.

Emmanuel Macron, comme François Fillon, veulent développer les accords d’entreprises. Qu’en pensez-vous  ?

La négociation sociale doit se passer essentiellement dans les entreprises. La branche peut bien sûr jouer un rôle, notamment pour les PME. Pour autant, le vrai niveau de règlement d’un problème est au plus près du niveau où il se pose. Je ne vois pas pourquoi un syndicat, au niveau d’une entreprise, serait moins revendicatif qu’un syndicat au niveau national.