"Internet ne fera pas disparaître les magasins de jouets", affirme le président de JouéClub

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Jacques Baudoz, le président des magasins JouéClub, est l'invité mardi de "L'interview éco".

"Internet ne fera pas disparaître les magasins de jouets. Le magasin préféré des enfants reste le magasin de jouets, donc je ne peux pas croire qu'ils vont disparaître", a affirmé mardi 9 octobre le président des magasins JouéClub, Jacques Baudoz, invité de "L'interview éco" de franceinfo.

Sur un marché du jouet qui pèse 3 milliards 400 millions d'euros en France en 2017, l'enseigne JouéClub reste en croissance alors que deux de ses concurrents viennent d'être repris : la filiale française de Toys'R'Us par la société Jellej et la Grande Récré, par son PDG actuel épaulé par un fonds spécialisé. "Ce qui s'est passé ces derniers jours nous conforte dans le fait que le jouet est un secteur qui a le vent en poupe, même si les deux enseignes ont eu des difficultés", estime Jacques Baudoz.


franceinfo : La période est difficile, deux de vos concurrents ferment des magasins. Est-ce que les magasins de jouets vont disparaître ?

Jacques Baudoz : Bien évidemment que non. Nous sommes contents d'ailleurs de ces reprises. Ce qui s'est passé ces derniers jours nous conforte dans le fait que le jouet est un secteur qui a le vent en poupe, même si les deux enseignes ont eu des difficultés. Pour moi, ce qui se passe aujourd'hui avec les deux acteurs qui sont séparés est plutôt bénéfique pour le marché. Un gros acteur, ça aurait pu le fragiliser et je pense que le tribunal de commerce a préféré assurer une fin d'année correcte et un suivi plus correct que de faire un gros pôle qui avait des fragilités.

Est-ce que vous êtes aussi fragiles que ces deux concurrents ?

Nous, on a une spécificité par rapport à ces concurrents, c'est qu'on est une coopérative avec 230 chefs d'entreprise, commerçants, qui font leur métier tous les jours dans leurs magasins. Ça change que chacun des chefs d'entreprise est au contact du client et des enfants. On peut donc adapter notre marché à ce qui se passe dans la ville ou dans le secteur. Il y a notre catalogue qui va sortir demain [mercredi 10 octobre] mais en dehors de ce catalogue, tous les autres produits peuvent être référencés chez JouéClub.


Les magasins spécialisés ont des concurrents très forts : la grande distribution et, de plus en plus, les géants du commerce en ligne. Qui craignez-vous le plus ?

Ni l'un ni l'autre. Ce sont deux acteurs du marché qui sont généralistes, et nous sommes des spécialistes avec des produits qu'on ne trouve pas ailleurs. Il y a des produits qu'on ne trouve que dans nos magasins et sur notre site internet, parce que nous avons, nous aussi, un site internet, qui représente 5 à 10 % de nos ventes, mais qui nous sert surtout à renvoyer les parents dans les magasins. Le magasin restera toujours un point de lien avec les parents et les enfants. Nos clients, ce sont les enfants qui sont les prescripteurs de jouets, ils choisissent sur le catalogue, ils viennent dans nos magasins... Le magasin préféré des enfants reste le magasin de jouets, donc je ne peux pas croire qu'ils vont disparaître. Un enfant, ça n'a pas envie d'aller sur internet, ce sont les parents qui ont envie d'y aller. Les enfants, ils veulent avoir un catalogue, toucher les jouets, jouer avec. On a aussi aujourd'hui des prix pertinents sur le marché et la différence avec certains de nos concurrents, c'est qu'on conserve les mêmes prix jusqu'à Noël. Alors que sur internet, un produit très demandé va augmenter.

Que vont devenir ces magasins de jouets dans un univers qui change sans arrêt ?

Ils vont s'adapter. Aujourd'hui, nous avons 300 magasins, comme 300 petits zodiacs sur la mer. Les grosses centrales, ce sont des gros paquebots. Pour tourner, ils mettent plus de temps. Nous, on s'adapte, on change notre concept, notre système de fonctionnement à l'intérieur du magasin rapidement.

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