Hugues Vidor (UDES) : "L’économie sociale et solidaire crée 100 000 emplois chaque année"

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Hugues Vidor, président de l’UDES, l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire, était l'invité de l'interview éco vendredi. Il a évoqué les propositions portées par son secteur pour la campagne présidentielle.

Les employeurs de l’économie sociale et solidaire entrent en campagne pour peser sur les programmes des candidats à la présidentielle. Ce secteur qui regroupe des coopératives, des mutuelles, des associations, des fondations, interpelle notamment les candidats à la présidentielle sur le contrat de travail, le revenu universel et les baisses de cotisation.

Hugues Vidor, le président de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES), était l'invité de l'interview éco sur franceinfo vendredi 10 mars. Il estime que le secteur qu'il défend n'est "pas assez reconnu" actuellement, bien qu'il "pèse lourd" : 14% de l'emploi privé en France.

Le secteur de l'économie sociale et solidaire est dynamique. Combien d'embauches avez-vous prévu cette année ?

Les perspectives sont très fortes. Quand nous faisons le bilan sur les 10 dernières années, nous avons eu plus de 27% d'augmentation. Sur 2,3 millions de salariés, ce sont plus de 100 000 nouveaux emplois qui sont créés par an par l'économie sociale et solidaire. Nous espérons que ce sera aussi le cas cette année, cela fait partie de nos ambitions dans notre campagne présidentielle.

Vous comptez influencer les candidats à l'élection présidentielle. L'une de vos propositions est de payer moins d'impôts, comme toutes les entreprises. Qu'est-ce qui vous distingue d'elles ?

Il faut se rappeler que l'économie sociale et solidaire, pour une partie de ses activités (le monde associatif et une partie du monde mutualiste), n'a pas bénéficié pendant 4 ans du crédit d'impôt compétitivité emploi, nous mettant dans une situation défavorable de compétitivité par rapport aux entreprises lucratives. Nous réclamons le même traitement. Nous voulons que l'on reconnaisse tout ce qui permet de développer l'emploi durable sur les territoires sur des logiques d'utilité sociale. Dans le cadre de l'animation, de l'aide et du soin à domicile, du développement durable, il y a par exemple des labels permettant d'attribuer des clauses de marchés sociaux dans les entreprises pour les municipalités et autres. Nous demandons que cela soit développé pour éviter que de grands groupes internationaux viennent nous concurrencer sur des marchés très locaux.

Vous voulez instaurer un contrat de travail unique. Voulez-vous supprimer le CDI ?

Nous constatons aujourd'hui un phénomène double. Il y a les exclus et les inclus. Le CDD n'est pas, pour nous, la bonne réponse. Il faut passer à un contrat non pas "unique", mais "unifié" pour simplifier la vie des employeurs et permettre aux salariés d'y voir clair, d'être tout de suite dans l'insertion professionnelle. La distinction par rapport au CDI actuel est la mise en place d'un fond qui permet, dès lors qu'il y a rupture du contrat, d'accompagner la personne dans sa mobilité avec du coaching et de la formation. Il ne s'agit pas de flexibiliser l'emploi, mais de répondre à ceux qui sont sur des missions courtes par exemple, comme l'on en voit beaucoup dans l'économie sociale et solidaire.


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