François Asselin (CPME) : "Emmanuel Macron doit avancer, même s’il y a de l’opposition"

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François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), était l'invité de Jean Leymarie sur franceinfo, mercredi, pour évoquer la composition du gouvernement d'Edouard Philippe.

François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a insisté, mercredi 17 mai sur franceinfo, sur l'importance d'une "cohérence" au sein de l'équipe gouvernementale et aussi sur la fiscalité des entreprises. L'invité de Jean Leymarie dans L'interview éco a expliqué qu'"il faut enlever le carcan fiscal des entreprises pour qu'elles puissent produire plus, investir plus et derrière, il y a de l'emploi".

franceinfo : Que vous inspire le nouveau gouvernement d'Edouard Philippe ?

François Asselin : Un gouvernement, c'est comme dans une entreprise. Vous devez avoir de belles individualités, des gens compétents de façon individuelle, mais s'il n'y a pas de cohérence la compétence ne sert à rien. Le programme économique d'Emmanuel Macron était peu ou pas très éloigné du programme des différents candidats de la primaire de la droite et du centre. C'est plutôt une teinte libérale. Bruno Le Maire avait fait un recueil de 1 000 pages sur l'ensemble des propositions pour réformer la France. Il faut, à présent, refeuilleter ces mille pages pour voir s'il y a de la cohérence entre ce que propose Emmanuel Macron et le nouveau ministre de l'Économie.

Bruno Le Maire voudrait baisser la CSG et Emmanuel Macron l'augmenter par le biais d'un transfert de cotisations sociales vers la CSG. Comment trouver le bon équilibre ?

Il faut avant tout que la fiscalité permette le développement des entreprises. Il faut enlever le carcan fiscal des entreprises pour qu'elles puissent produire plus, investir plus et derrière, il y aura de l'emploi. Il faut faire un choix. Soit on augmente la TVA, soit on opte pour le levier CSG. Maintenant il faut voir la cohérence globale de la fiscalité des entreprises. Il faut surtout surveiller, comme le lait sur le feu, le coût du travail dans notre pays. On va regarder de très près comment transformer le Crédit impôt pour la compétitivité et l'emploi, destiné à aider les entreprises et tous les allègements autour du coût du travail pour rester dans la compétitivité internationale. Il y a une grande cohérence à suivre dans ce domaine-là.

Sur la réforme du droit du travail, Emmanuel Macron a proposé de procéder dès cet été par ordonnances. Les syndicats y sont défavorables. Pensez-vous que le président et le Premier ministre doivent passer en force ?

Lorsqu'on pense ordonnance, qui est un acte démocratique, il y a un acte d'autorité qui va s'imposer un peu à nous tous. Il faudra à un moment ou un autre débloquer la situation. Autour de la loi travail, nous avons beaucoup échangé, discuté. Il y a eu malheureusement une sorte de sabotage interne au sein même du gouvernement. Le pays s'est retrouvé bloqué. Maintenant, il faut quand même penser aux six millions de Français qui sont plus ou moins à la porte du marché du travail. Emmanuel Macron doit absolument avancer de façon franche et directe, même s'il y a de l'opposition. La vraie loi sera celle qui permettra de débloquer l'emploi dans notre pays. Lorsque les textes ne prévoient pas les éléments qui permettent de lever les freins à l'emploi, il faut trouver un autre véhicule législatif pour que cela se débloque.

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