Didier Lamouche (Idemia) : "La biométrie permet d’éviter des attaques"

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Didier Lamouche, PDG de la société spécialisée dans la sécurité numérique Idemia, était l'invité de Jean Leymarie, mardi soir, pour évoquer l'installation d'un système d'enregistrement fondé sur la reconnaissance faciale des passagers, à l'aéroport de Singapour.

L’aéroport de Singapour, un des plus grands du monde, vient d’ouvrir un nouveau terminal high-tech. Idemia, spécialiste français de la sécurité numérique et de la biométrie, l’a équipé d’un système d’enregistrement entièrement automatisé, fondé sur la reconnaissance faciale des passagers. Idemia, issu de la fusion d'Oberthur Technologies et de Safran Identity & Security, veut devenir rapidement le leader mondial de ce secteur en forte expansion. Didier Lamouche, PDG d'Idemia, a affirmé mardi 7 novembre sur franceinfo qu'un tel système "permet d'augmenter la sécurité de contrôle d'un passeport".

franceinfo : Avec votre système, les contrôles d'identité deviennent automatiques, il n'y a presque plus d'intervention humaine. Comment ça marche ?

Didier Lamouche : En trente secondes. Vous arrivez dans l'aéroport avec vos bagages, vous insérez votre passeport dans un lecteur. Une photo de votre visage est prise, votre carte d'embarquement est émise et, à partir de là, vous êtes suivi de façon totalement automatique dans l'aéroport. Vous enregistrez vos bagages vous-même, ils sont liés directement avec votre visage et vous passez toutes les portes de sécurité de manière automatique par une reconnaissance faciale jusqu'à l'embarquement dans l'avion. Cette technique de contrôle automatisé permet d'augmenter la sécurité de contrôle d'un passeport par rapport à l'individu qui l'apporte. L'objectif d'Idemia, c'est d'augmenter la sécurité que nous proposons à nos clients, tout en facilitant l'accès en rendant cette sécurité fluide et transparente pour l'utilisateur final comme vous et moi. Nous sommes les seuls à proposer toute la chaîne complète, de manière non plus à proposer de la sécurité mais à proposer une expérience au client final totale et fluide.

Les cyber-attaques se multiplient : que se passe-t-il si un aéroport, aussi moderne soit-il, est attaqué par des cyber-pirates ?

Vous avez des attaques tous les jours. La vertu de nos systèmes, c'est de pouvoir les éviter, en se fondant sur des technologies biométriques, parce que la biométrie vous êtes propriétaire. Il peut être concevable pour un hacker de hacker un visage mais hacker des millions de visages c'est quasiment impossible. La sécurité, c'est quelque chose d'évolutif. Il faut sans arrêt renouveler les logiciels que vous fabriquez parce que c'est le jour où ils sont statiques qu'ils sont susceptibles d'être attaqués, copiés, modifiés et hackés. On équipe déjà un certain nombre d'aéroports, Oakland en Californie, en Australie notamment. Je vais bientôt avoir une réunion avec Augustin de Romanet, patron des Aéroports de Paris pour essayer de le convaincre sur nos technologies.

La biométrie se développe aussi dans le commerce, dans la vie de tous les jours. Vous mettez au point une carte de paiement biométrique : où en êtes-vous ?

On va sortir au Japon une carte de paiement sans contact. La différence, c'est que celle-ci contient un lecteur d'empreinte digitale : si je pose mon doigt sur ce capteur, la carte me reconnaît et paye. Si ce n'est pas mon doigt, elle ne paye pas. [Pour la France], on va lancer des "preuves d'essai", avec un certain nombre de banques à partir de l'année prochaine. [Voler des empreintes digitales], c'est très difficile. La valeur ajoutée d'entreprise comme la nôtre, c'est d'utiliser des authentifications qu'on appelle "multi-facto" : il peut être concevable de voler l'empreinte de votre pouce, voler l'empreinte de deux doigts, de cinq doigts, c'est plus difficile. Corréler tout ça avec votre visage, à partir de ce moment-là, il devient très difficile de vous hacker. On a sorti un système récemment qui permet de capturer en moins d'une seconde les empreintes digitales de quatre doigts et, ensuite, nos technologies permettent d'adapter le niveau de sécurité en fonction de la criticité. On conçoit que quand vous avez à payer 20 euros, votre niveau de sécurité doit être plus faible que vous si vous avez à souscrire un prêt de 10 000 euros.

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