Covid-19 : "On entre dans une économie de la distanciation sociale", affirme le journaliste Olivier Tesquet

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Olivier Tesquet publie "État d’urgence technologique, Comment l’économie de la surveillance tire parti de la pandémie" aux éditions Premier Parallèle.

L’économie de la surveillance est un secteur en plein essor, et la pandémie de Covid-19 lui donne une nouvelle dimension. Pour le journaliste Olivier Tesquet invité éco de franceinfo mardi 16 février, qui publie État d’urgence technologique aux éditions Premier Parallèle, le constat est clair : "On entre dans une économie de la distanciation sociale".

Des entreprises technologiques dopées par la pandémie

Le journaliste a enquêté sur ces entreprises technologiques qui, au nom de lutte contre la pandémie, mettent en œuvre de nouveaux systèmes de surveillance ou de collecte de données : "On est sorti d’une logique où la sécurité était présentée comme la première des libertés pour entrer dans une autre logique où la santé devient la première des libertés, à la faveur du Covid".

Olivier Tesquet donne l’exemple des "grandes officines de surveillance", comme la société américaine Palantir, créée après le 11 septembre, avec un fonds d’investissement de la CIA : "Au Royaume-Uni et aux États-Unis, on leur a ouvert assez grand les portes pour traiter des données hospitalières (…) Aux États-Unis, c’est un algorithme mis au point par Palantir qui décide comment sont réparties les doses de vaccin entre les différents États ou les différents publics".

Des caméras pour surveiller les gestes barrières

Le journaliste pointe aussi des outils de notre vie quotidienne, comme ces caméras, affectées normalement à la surveillance, mais également "capables de faire respecter les gestes barrières, grâce à un logiciel qui détermine que nous respectons, vous et moi, une distance d’1,50 mètre ou de 2 mètres, ou qu’on a bien le masque". Mais, précise-t-il, ce dispositif a été "interrompu, car la CNIL, le gendarme de la vie privée, est intervenu".

Olivier Tesquet se défend d’être "technophobe". "Technocritique", il déplore qu’on discute de ces technologies, "non plus sous l’angle de leur légitimité (…) mais sous celui des modalités de leur déploiement, alors qu’on sait précisément qu’une fois installées, ces technologies sont difficilement réversibles".  

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