Clemens Fuest (institut IFO) : "Sortir de l’euro serait faire un pas dans l’inconnu"

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Le président de l'institut de recherche économique Clemens Fuest était l'invité de l'interview éco vendredi. Il a analysé les conséquences d'une sortie de l'euro, envisagée par plusieurs candidats à l'élection présidentielle. 

Plusieurs candidats à la présidentielle, dont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, envisagent une sortie de l'euro. Est-ce possible ? Est-ce souhaitable ? "Non", a répondu vendredi 7 avril sur franceinfo Clemens Fuest, président de l'Institut de recherche économique allemand (Ifo). "Il s'agirait de faire un pas dans l'inconnu", a-t-il mis en garde. "L'euro n'est peut-être pas le grand succès de l'intégration européenne", mais il est possible, selon lui, de "l'améliorer".

franceinfo : Comprenez-vous que certains candidats proposent de revenir à une monnaie nationale ?

Clemens Fuest : Je comprends parfaitement que l'on s'inquiète en France de la situation économique. Mais en déduire une sortie de l'euro me paraît excessif. Il faut comprendre que cela comporterait des risques économiques. L'euro n'est pas uniquement un projet économique, c'est aussi un projet politique. Il faut essayer de se demander quelles seraient les conséquences pour l'Union européenne si la France sortait de l'euro. Deux pays sont essentiels pour la survie de l'euro et de l'UE : la France et l'Allemagne. Il s'agirait de faire un pas dans l'inconnu. N'oublions pas que cela fait 60 ans que nous connaissons une bonne évolution économique dans l'Union européenne. L'euro n'est peut-être pas le plus grand succès de l'intégration européenne, néanmoins il nous faut améliorer.

Certains ont l'impression que l'euro les a appauvris, est-ce vrai ? 

Malheureusement, beaucoup de problèmes économiques ont été fabriqués dans les pays membres eux-mêmes. Souvent, on en attribue la faute à l'euro. Bien sûr que l'euro a des conséquences, comme le manque de compétitivité ou des coûts trop élevés ne pouvant pas être compensés par une dévaluation. Mais un fort taux de chômage, par exemple, n'a strictement rien à voir avec l'euro.

Que feriez-vous en France aujourd'hui ?

La France a toute une série de problèmes économiques évidents : les dépenses publiques atteignent près de 60% du PIB, c'est quelque chose qu'il faut améliorer en les diminuant. Il y a également un environnement entrepreneurial qui n'est absolument pas positif. La France a de très mauvaises notes en la matière et elle a vu sa situation se détériorer ces 15 dernières années. Il faut que créer des emplois soit intéressant en France. Pour cela, il faut en créer les conditions. L'investissement en France sert avant tout à la reprise d'entreprises. Les reprises sont très importantes, mais cela ne crée pas d'emplois. Or, nous avons besoin de nouveaux investissements, de nouveaux emplois et de nouvelles usines.


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