Bart Gruyaert, le repreneur de l’aciérie Ascoval, défend son "pari"

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Dans le nord, l’aciérie Ascoval, au bord du gouffre, a enfin un repreneur. Bart Gruyaert, directeur général du groupe Altifort, va relancer l’usine cette semaine. Malgré les difficultés, il défend un choix "objectif". Et se donne "douze à quinze mois" pour être sûr que l'usine est sauvée.

Vendredi 1er février, l’aciérie Ascoval débutera sa nouvelle vie. Après avoir failli disparaître, et après de nombreux rebondissements, l’usine de Saint-Saulve dans le Nord, va être relancée. Pour reprendre le site et ses 281 salariés, le groupe Altifort a été retenu. Son directeur général, Bart Gruyaert, défend son "pari", un choix "objectif" selon lui.    

"Cette usine a des raisons d'exister"

Malgré des années au bord du gouffre, "cette usine a des raisons d’exister", selon Bart Gruyaert. Le directeur général d’Altifort les énumère : "C’est l’usine la moins polluante au monde, et la deuxième plus moderne en Europe. Sur son marché - les aciers spéciaux ronds -, en Europe, seuls 10% des aciers sont importés. L’électricité en France est moins chère qu’en Allemagne".  

Pour relancer Ascoval, l’entrepreneur a réuni 150 millions d’euros, et obtenu le soutien des collectivités locales et de l’Etat. Mais a-t-il trouvé assez de clients ? "Pour 2019, dit-il, on a fait un budget de 200 000 tonnes et la majorité de ce tonnage-là est déjà engagée". Son but ? "S’adresser à 40 ou 50 clients".

"Plus notre acier est spécifique, plus nous sommes compétitifs" 

Le marché de l’acier est presque saturé. Cela n’effraie pas le patron d’Altifort : "Nous sommes sur des aciers spéciaux ronds, qui ont une autre dynamique de marché, avec très peu d’acteurs en Europe". Il pense pouvoir être compétitif : "Plus notre acier est spécifique, plus nous sommes compétitifs. Pour des aciers d’entrée de gamme, nous ne le sommes pas. Mais dès qu’il y a une exigence supplémentaire ou supérieure à des aciers ordinaires, on est très compétitifs". 

Avec 1 500 salariés, et 200 millions de chiffre d’affaires, Altifort, né en 2014, est encore un jeune groupe. Pour reprendre Ascoval, est-il assez solide ? "On nous pose cette question depuis notre naissance, répond Bart Gruyaert. C’est la réalité qui parle pour nous. Nous n’avons pas la prétention de tout savoir. Nous travaillons. Nous croyons en l’intelligence collective, et nous obtenons des résultats".

Ascoval et ses 281 salariés ont craint le pire. L’usine, cette fois, est-elle vraiment sauvée ?  Selon Bart Gruyaert, "dans douze à quinze mois, on pourra répondre fermement à cette question".   

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