Automobile : le PDG de Valeo croit en des "véhicules électriques et urbains"

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Le PDG de l'équipementier français Valeo, Jacques Aschenbroich a estimé mercredi sur franceinfo que l'avenir ne sera pas sans voiture mais avec une "mobilité plus flexible".

Le diesel s'éffondre mais le PDG de l'équipementier français Valeo, Jacques Aschenbroich, ne croit pas à une disparition totale de la motorisation. Il a donné mercredi 31 janvier sa vision de l'avenir de la voiture après avoir visité le salon automobile de Détroit (Michigan). Pour lui, l'avenir ne sera, par ailleurs, pas sans voiture mais avec une "mobilité plus flexible".

franceinfo : Vous rentrez de Détroit, grand salon automobile mondial où on a vu des 4x4, des voitures polluantes. Est-ce cela l'avenir de l'automobile ?

Jacques Aschenbroich : On a vu à Détroit que c'est le retour des véhicules très spécifiques au marché américain. Des gros pick-up, des gros camions, des voitures extrêmement puissantes. Il y a a peu de choses sur les technologies à Détroit. Ce sont des voitures qui consomment énormément d'essence, mais dans un pays où le prix de l'essence est extrêmement bas. Ce n'est pas l'avenir de l'automobile. On voit très bien qu'il y a une déconnexion totale entre ce marché américain qui est extrêmement spécifique et les marchés européen et asiatique qui font des véhicules beaucoup plus petits. Les sujets liés aux économies d'énergie, à la réduction de la consommation et à la pollution, sont des sujets prégnants en Europe et en Chine. Ils le sont beaucoup moins aujorud'hui en Amérique du nord.

Le diesel s'éffondre. Il représente seulement 47% des nouvelles immatriculations aujourd'hui contre 75% il y a quelques années. Est-ce un problème pour Valeo ?

Ce n'est pas un problème pour nous. On l'a anticipé depuis assez longtemps. Depuis 2010, il y avait trop de signaux négatifs sur le diesel. On s'est dit que ce n'était pas là qu'il fallait qu'on fasse de l'allocation de nos ressources, à la fois en termes d'investissement et de recherche et développement. On a plutôt focalisé nos investissements, d'une part, sur tout ce qui est l'hybride, et des hybrides relativement bon marché, et d'autre part, sur le véhicule électrique. On a créé il y a 18 mois une co-entreprise avec le groupe Siemens spécialisé sur le très fort voltage.

Le diesel va-t-il disparaître ?

Disparaître totalement, je ne crois pas que ce soit le scénario le plus crédible. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est une perte de confiance à la fois des agglomérations sur les conséquences du diesel sur la santé publique et une perte de confiance des acheteurs de véhicules. C'est probablement immérité. C'est-à-dire que le diesel n'a pas autant d'aspects négatifs. Il faudrait être beaucoup plus équilibré. Je ne serais pas surpris que dans quelques années en Europe, on revienne à des niveaux de 20 ou 25 % (pour le diesel). Pour nous, ça a une conséquence extrêmement positive. Moins de CO2 et moins de diesel, ça veut dire plus d'électrique et plus d'hybride. Ce sont les deux domaines dans lesquels nous avons beaucoup investi ces dernières années. Je suis persuadé que dans les années qui viennent on aura une segmentation différente du marché. Il y aura des véhicules électriques et urbains.

La part de l'électrique en France n'est que de 1,18%, n'est-ce pas inquiétant ?

L'autre chiffre intéressant, c'est que le taux de croissance du marché électrique : il est de 50% par an. Connaissez-vous beaucoup de marchés qui sont en croissance de 50% par an ?

L'avenir n'est-il pas plutôt un avenir sans voiture, sans pollution et sans embouteillage ?

Sans pollution je suis d'accord. Sans embouteillage c'est le rêve de chacun d'entre nous. Sans voiture, ça me paraît impossible. Je pense que ce que l'on essaye, c'est de rendre la mobilité le plus flexible possible et de trouver le bon équilibre entre des transports de masse et des transports qui sont extrêmement flexibles. Quand vous habitez en banlieue, aller d'un point à un autre uniquement par les transports en commun c'est quasiment impossible, ou en tout cas très difficile. Donc, il y aura un équilibre entre d'une part, la voiture, qui sera de plus en plus partagée, et de plus en plus électrique et d'autre part, les transports en commun, y compris les vélos.

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