Vœux de Macron aux agriculteurs : il faut "des contraintes" pour leur "garantir un revenu", réclame le député communiste André Chassaigne

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André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme était mercredi l'invité de l'interview J-1, veille des vœux d'Emmanuel Macron en Auvergne au monde agricole. Il attend des mesures concrètes pour aider les agriculteurs en crise.

Le député PCF, André Chassaigne est l'Auvergnat le plus célèbre de l'Assemblée nationale. Emmanuel Macron se rend jeudi dans le Puy-de-Dôme pour les vœux du président de la République au monde agricole. A la veille de ce déplacement, le député communiste et président du groupe GDR à l'Assemblée, était l'invité de l'interview J-1 le mercredi 24 janvier.

Vous serez demain, chez vous, dans le Puy de Dôme, André Chassaigne pour écouter les vœux d’Emmanuel Macron au monde agricole. Avant les volcans d’Auvergne, le président de la République est en Suisse pour le forum économique mondial. Emmanuel Macron a fait un plaidoyer pro-domo et en anglais pour une "France de retour" et en mouvement. Il ne faut plus avoir peur de la mondialisation ?  

Quand on voit la conception de la mondialisation du gouvernement, je dis que, au contraire, on peut se faire du souci. On le voit en particulier avec le Ceta où on va sacrifier les éleveurs français pour pouvoir vendre, peut-être, davantage de produits manufacturés. Est-ce que c’est ça « tenir compte de nos territoires ? On le voit d’ailleurs avec le partage des richesses aujourd’hui.  

Jeudi en Auvergen, Emmanuel Macron commencera sa visite par une étape au centre de recherche de Michelin, exemple pour le président d’un fleuron français qui réussit dans la mondialisation. Vous êtes d’accord avec lui sur ce point ?  

Je connais Michelin car je suis fils d’ouvrier Michelin et j’ai passé mon enfance dans les cités Michelin. Je reconnais le caractère innovant de Michelin mais aussi le constant de 1500 suppressions d’emplois en France dont près d’un millier sur le site de Clermont-Ferrand.  

Le gouvernement s’inquiète aussi pour un autre fleuron, Carrefour, et les 2.400 départs volontaires prévus dans le groupe. Le PDG Alexandre Bompard parle d’un changement de modèle, numérique, bio, pour rester compétitif et s’adapter. Est-ce que ça parle au communiste que vous êtes ?  

Ça, c’est du pipo. C’est un groupe qui a touché le CICE. A partir de là, il devait maintenir ses emplois. Ce groupe aujourd’hui n’a qu’une seule obsession : enrichir les actionnaires ou quelques familles. C’est ce que j’appelle une crampe mentale.

Revenons à la visite jeudi d’Emmanuel Macron en Auvergne. Une première : des vœux aux agriculteurs, et dans une semaine, le projet de loi Travert en Conseil des ministres, pour que les agriculteurs soient payés au juste prix… En clair : une grande surface doit revendre un produit au minimum au prix où elle l’a acheté, majoré de 10%. C’est un progrès, non ?  

Il faut légiférer mais sans faire semblant. Il faut des contraintes pour garantir un revenu aux agriculteurs. Mais je ne suis pas sûr que dans sa conception du libéralisme, il puisse aller jusque-là.  

Emmanuel Macron souhaite une réforme de nos institutions. La réforme constitutionnelle sera présentée en février. L’Elysée veut qu’elle soit adoptée avant l’été… Moins de parlementaires, la fin du cumul des mandats dans le temps… Le Sénat de Gérard Larcher fait de la résistance, vous aussi ? Communistes et Républicains, même combat ?  

C’est très populaire de dire qu’on va réduire le nombre de parlementaires. Mais, moins il y aura de députés, plus on sera éloignés des gens. Je m’opposerai à cette évolution des institutions qui est en fait anti-démocratique. Il faut le garder bien en tête.

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