Réforme de la SNCF : Geoffroy Didier, secrétaire général délégué LR, défend "le principe" mais appelle à ne pas supprimer les "petites lignes"

Geoffroy Didier, le secrétaire général délégué du parti Les Républicains, était l'invité de franceinfo, vendredi, à trois jours du début de la grève des cheminots contre le réforme de la SNCF.

Geoffroy Didier, le secrétaire général délégué du parti Les Républicains, a indiqué, vendredi 30 mars sur franceinfo, qu'il soutenait le "principe de cette réforme de la SNCF" alors que les cheminots se préparent à un mouvement de grève "perlée" dès lundi qui s'annonce très suivi selon le PDG de la SNCF. Tempèrant son soutien, Geoffroy Didier a ensuite critiqué la méthode du gouvernement qui, selon lui, "manque d'habileté" et devrait faire attention à ne pas supprimer "les petites lignes dans les territoires les plus reculés" du pays.

franceinfo : Quelle est la position de votre parti sur la réforme de la SNCF qui provoque une mobilisation sociale importante ?

Geoffroy Didier : Nous soutenons le principe même de cette réforme, parce que nous devons bien sûr revoir le statut des cheminots et il est temps d'apurer la dette de la SNCF qui est bien trop importante. Cependant, cette réforme suscite des interrogations, des incompréhensions. Lorsque je vois que le gouvernement semble préparer la suppression de plusieurs milliers de kilomètres de petites lignes. Nous disons attention. Il [Édouard Philippe] a reporté cette décision sur les régions et aujourd'hui, il n'est pas garanti que les petites lignes dans les territoires les plus oubliés, les plus reculés soient préservées. Il n'y a pas de Français de seconde zone, chacun a le droit de pouvoir circuler librement. En tant qu'usager je m'interroge : qu'est ce qui va changer demain, dans quelques mois sur la sécurité dans les transports, sur la qualité de ces transports, sur les prix des billets et la ponctualité des trains ? Pas grand-chose. C'est une réforme de gestionnaire, où l'Etat se transforme en actionnaire ce n'est pas une réforme où le gouvernement s'est mis à la place des usagers.

Pensez-vous qu'il y ait un climat propice à un mouvement social généralisé en France ?

Il y a un manque d'habileté du gouvernement qui semble annoncer tous les trois jours un big-bang et qui se comporte de façon désordonnée brouillonne avec un "bougisme" permanent, alors que les véritables réformes structurelles ne sont pas engagées. Face à cela, il ne faut s'étonner qu'il y ait des réactions, des incompréhensions que le gouvernement doit entendre. Je ne suis pas dans l'opposition systématique. Ce qui va dans le bon sens doit être soutenu par les Républicains car ce que je souhaite c'est la réussite de mon pays. Il y a une méthode brouillonne qui suscite des réactions dans tous les sens. Je crains que ceux qui attendent les réformes soient déçus par le manque de résultats.

Après les attentats de Trèbes et de Carcassonne, comment vous situez-vous par rapport aux propositions de Laurent Wauquiez d'interner les islamistes les plus dangereux, d'expulser ceux qui ne sont pas français ?

Ces propositions sont soutenues selon une étude d'opinion d'aujourd'hui par entre 83 et 87% des Français. Des propositions qui transcendent les clivages partisans, de telle sorte que Manuel Valls ancien Premier ministre socialiste se range derrière elles. Nous alimentons le débat et c'est notre mérite par ce que nous estimons que face une menace terroriste persistante et en permanente évolution nous avons qu'un seul devoir c'est d'être proactifs. Nous ne cédons pas, nous ne cherchons pas la surenchère ou la polémique, en revanche nous invitons Emmanuel Macron à agir et puisque lui-même ne semble plus vouloir être ni de droite ni de gauche, nous considérons qu'il a aussi le devoir d'entendre les propositions lorsqu'elles viennent de la droite dont le rôle est de construire une alternative sérieuse, crédible, solide qui consiste à aller plus loin sur les réformes, pour qu'elles soient véritablement structurelles.

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