Olivier Véran, député LREM et neurologue : "La coercition ne serait pas une bonne solution" contre les déserts médicaux

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Olivier Véran, neurologue et député La République en marche de l'Isère, était l'invité de Yaël Goosz, mercredi sur franceinfo, à la veille de la présentation du plan de lutte contre les déserts médicaux par Adouard Philippe et Agnès Buzyn.

Olivier Véran, neurologue au CHU de Grenoble et député La République en marche de l'Isère, était l'invité de Yaël Goosz, jeudi sur franceinfo. À la veille de la présentation du plan de lutte contre les déserts médicaux par le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la Santé Agnès Buzyn, il a estimé que "la coercition ne serait pas une bonne solution" pour lutter contre la désertification médicale dans certaines régions.

La coercition, une solution "inefficace" et "injuste"

Selon l'ordre des médecins, il y a une "diagonale du vide" en France, qui va des Ardennes et de la Meuse jsuqu'aux Pyrénées. Sur sa trajectoire, des déserts médicaux. Le gouvernement va présenter son plan de lutte contre ces désertifications vendredi et il n'a pas prévu d'obligations d'installation des médecins dans les territoires à l'abandon. "Il y a des incitations qui fonctionnent", affirme Olivier Véran, rapporteur général de la commission des affaires sociales en charge du projet de loi de financement de la sécurité sociale.

"Ce que je sais et ce que je crois profondément, c'est que la coercition ne serait pas une bonne solution." Selon lui, l'idée de contraindre les médecins à s'installer dans les zones en manque de médecins est "inefficace" et "injuste". "Elle n'a marché dans aucun des pays dans lesquels elle a été mise en place. On ne peut pas contraindre quelqu'un à ouvrir un cabinet médical."

Un problème d'aménagement territorial

Le député LREM de l'Isère estime qu'il faut élargir le champ de vision. "Il faut appréhender le problème de la désertification médicale pour ce qu'il est dans sa globalité, c'est-à-dire avant tout un problème d'aménagement territorial." À propos des territoires qui manquent de médecin, il assure : "Il y a dans ces territoires des difficultés d'accès à tout un ensemble de services publics et privés. Il y a moins d'emplois, de transports, d'accès à l'éducation. On sait bien que c'est un problème d'aménagement global."

Parmi les solutions que retient Olivier Véran, des incitations financières et le développement des maisons de santé. "Il y a dix ans, on parlait des maisons de santé comme des projets futuristes. Aujourd'hui, on voit que les maisons de santé se développent. Les médecins ne veulent plus travailler tout seuls, ils veulent travailler avec des infirmières, des kinés..." Olivier Véran cite également des mesures qui devraient être inscrites dans le projet budget de la sécurité sociale, comme la télémédecine et la téléconsultation.