Déclarations de Jean-Louis Borloo : "C'est la déception de quelqu'un qui jette l'éponge" estime le député Stéphane Peu

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Stéphane Peu, député PCF de Seine-Saint-Denis était l'invité, jeudi, de "L'interview politique" sur franceinfo. Il est revenu sur les critiques de Jean-Louis Borloo sur la politique d'Emmanuel Macron.

L'ancien ministre Jean-Louis Borloo a éreinté mercredi 27 juin 2018, la vision de la société du chef de l'État et de son gouvernement qu'il juge "dangereuse". Auteur d'un rapport sur les banlieues écarté par le chef de l'Etat le 22 mai, Jean-Louis Borloo a assuré jeudi sur franceinfo n'avoir pas compris l'attitude d'Emmanuel Macron.

"C'est la déception de quelqu'un qui jette l'éponge", a réagi jeudi soir sur franceinfo Stéphane Peu, député PCF de Seine-Saint-Denis. L'élu se dit à son tour "inquiet" de l'avenir de la politique de la ville qui "n'est pas dans le logiciel du gouvernement".

franceinfo : Concernant la politique sociale du gouvernement, est-ce que Jean-Louis Borloo met la pression sur Emmanuel Macron ?

Stéphane Peu : J'interprète la sortie de Jean-Louis Borloo comme quelqu'un qui n'a pas ménagé ses efforts pour convaincre le président et le gouvernement qu'il fallait agir en direction des quartiers défavorisés et des banlieues. Il a fait preuve de beaucoup de diplomatie. Il a rédigé un rapport en tout point fidèle à la lettre de mission. De réunion en réunion, il s'aperçoit que ce n'est pas un sujet pour le président. C'est la déception de quelqu'un qui jette l'éponge.

Etes-vous inquiet pour l'avenir de la politique de la ville ?

Je suis très inquiet. Je participe tous les jours au débat au Parlement. On a rédigé un rapport parlementaire sur la situation en Seine-Saint-Denis. On voit bien que ce n'est pas dans le logiciel de ce gouvernement. Le rapport Borloo parlait des banlieues et de ces 15 millions de Français qui vivent dans les territoires oubliés de la République, les quartiers populaires des métropoles, les zones rurales, les villes moyennes en récession économique et démographique. C'est grave. Jean-Louis Borloo disait : attention, la République, c'est une maison commune. Si nous n'y prenons pas garde, si nous laissons sur le côté autant de Français qui sont abandonnés, nous risquons d'avoir une République morcelée, balkanisée.

Où est-ce que coince, la politique de la ville ? Sur l'enveloppe à dégager ?

Cela coince sur un état d'esprit et sur une vision du président, partagée par sa majorité, qui pense que l'économie prime sur tout le reste, qu'il faut la libérer de toutes les contraintes et toutes les entraves. Que les premiers de cordée vont tirer toute la cordée. Et que ceux qui sont à la remorque bénéficieront, dans un temps plus ou moins lointain, des avantages de cette reprise économique. Or, ce mécanisme n'existe pas.

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