Quand la transparence passe mal

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Beaucoup de réactions ce matin après les annonces hier de François Hollande pour moraliser la vie politique. Chez les élus, il y a une mesure qui passe très mal, c'est la publication de la déclaration de patrimoine.

Il y a même des socialistes qui critiquent la mesure et pas
n'importe lesquels : Claude Bartolone est contre, le président de l'Assemblée
nationale estime qu'il ne faut pas "céder à l'émotion du moment "
et  jeter les députés en "pâture" .

Il n'est pas le seul, à droite, le député Henri Guaino ne
décolère pas, le président de l'UMP dénonce du "voyeurisme ". Le président
délégué, Luc Chatel, évoque même des méthodes trotskistes : "Ce à
quoi on assiste depuis quelques jours, un espèce de déballage exhibitionniste,
est absolument aberrant. Ce sont les vieilles méthodes trotskistes. J'ai été pris
la main dans le pot de confiture, j'essaye de noyer le poisson et j'essaye de
contaminer tout le monde.
"

La transparence sera pourtant l'un des axes de la moralisation
voulue par François Hollande, et il y urgence. Dans un sondage CSA pour BFMTV,
55% des Français estiment que la plupart des politiques sont corrompus, et ils
sont 70% à le penser au Front national.

Le Front national surfe sur cette crise morale et politique

Le parti affiche un record d'adhésion : 65.000, et ouvre des permanences à
tour de bras. Alors sur RTL, Marine Le Pen s'en est donnée à cœur joie : "Je
ne vois pas comment les Français pourraient penser autrement compte tenu du
fait que dans les hautes personnalités que l'on voit tous les jours, il y a en
a une kyrielle qui a été condamné et qui pourtant continue à avoir une belle
carrière.
"

La patronne du FN cite pêle-mêle Jean-Marc Ayrault, Harlem Désir,
Alain Juppé et Bernard Tapie.

Confiance et autorité

Il y a un besoin de "confiance et d'autorité"
réplique Manuel Valls sur Europe 1. Le ministre de l'Intérieur a détaillé le
fonctionnement de la haute autorité chargée de contrôler les déclarations de
patrimoine des élus.

"Elles pourraient être saisies d'abord, à la fois par
le Premier ministre, par le président des Assemblées, mais aussi par des
organisations non gouvernementales qui pourront être ainsi la voix des
citoyens. Elle aura les moyens d'investigation pour saisir la justice.
"

Des ministres recadrés

Au détour de ses annonces, le président de la République a
recadré les ministres qui lui demandent un changement de cap, Benoit Hamon, Cécile
Duflot et Arnaud Montebourg, qui voudraient que François Hollande rectifie le
tir sur le plan économique à l'occasion de cette crise morale et politique.

Ce jeudi matin sur France Inter, le ministre du Redressement productif
rentre dans les rangs, mais sans manger son chapeau. Arnaud Montebourg affirme
que quand il dénonce l'austérité, il dit exactement la même chose que
François Hollande.

"Je suis pour le redressement pas pour la maison de
redressement. Je suis exactement sur cette ligne-là. Nous avons été élus pour
réorienter l'Union européenne, non pas dans le sens de la récession mais dans
le sens de la croissance et de la reprise des emplois dans toute la zone euro.
"

Un satisfait

Et il y en a au moins UN qui est content après les annonces
de François Hollande, c'est François Bayrou, le président du modem très
enthousiaste. "Je trouve bien l'idée d'un parquet spécialisé et d'un
office central de répression spécialisés dans la corruption et la fraude
fiscale. C'est bien parce que des magistrats vont se spécialiser dans les
échanges avec les pays qui sont les paradis fiscaux pour savoir qui fraude et
qui est corrompu.
"

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