Une pluie de diamants à Popigaï au bout de la Sibérie

Pendant presque quarante ans, la Russie a caché l'existence d'un gisement hors du commun. La mine de Popigaï pourrait bouleverser le marché des diamants.

Nous sommes au bout de la Sibérie, à 400 kilomètres de la première localité. Popigaï abrite un trésor, une gigantesque réserve de diamants "industriels" , ceux qui servent pour construire des avions ou des voitures. Ces diamants sont hyper solides. Selon les spécialistes, la mine de Popigaï, à elle seule, peut approvisionner le marché pendant 3000 ans.

Son histoire commence il y a 35 millions d'années. Un astéroïde s'abat sur la région. Il creuse un cratère de 100 kilomètres de diamètre. Après ce choc, tout autour, le graphite du sol sibérien se transforme en minuscules diamants de couleur grise, jaune ou bleue.

Pendant des millions d'années, Popigaï est préservé. C'est seulement au début des années 1970 que les Russes découvrent cet immense gisement. Ils pourraient en tirer parti, montrer au monde la puissance de leur réserve. Mais c'est tout le contraire : ils s'empressent de cacher Popigaï. En pleine guerre froide, ils font de ce gisement une réserve stratégique. Ils laissent la mine telle qu'elle est.

A la chute de l'URSS, l'existence de Popigaï est révélée, mais il faut attendre 2009 pour qu'un institut spécialisé de Novossibirsk s'y intéresse vraiment, et même cette semaine pour que les premières informations solides soient publiées. Une dépêche de l'Agence France Presse explique que seulement une infime partie de la mine a été exploitée : seulement 0,3%, ce qui correspond déjà à 147 milliards de carats. Un trésor. Ce gisement de Sibérie pourrait bouleverser le marché des diamants.

Pourtant, l'exploration de Popigaï va être compliquée. La mine est très isolée. Elle est loin de tout. Ceux qui espèrent faire fortune vont devoir être patients. Mais rien ne presse. Les diamants sont là depuis 35 millions d'années. Depuis James Bond, on sait qu'ils sont... éternels.

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