Un faux long-métrage pour frauder le fisc

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En Grande-Bretagne, des escrocs ont totalement inventé un projet de cinéma pour toucher des subventions.

Grâce à cette arnaque, les
escrocs ont touché 800 000 livres, près d'un million d'euros. Ils ont récupéré
cette somme grâce au système de soutien au cinéma britannique.

Est-ce que vous avez vu le
film Argo ? Il montre comment la CIA invente un stratagème pour libérer des
diplomates réfugiés à l'ambassade du Canada, à Téhéran. Les services secrets
les font passer pour les membres d'une équipe de tournage. C'est une ruse.
Aucun film n'est en préparation. Ici, c'est la même chose, sauf que les
Britanniques qui viennent d'être jugés ont monté un faux projet de cinéma
uniquement pour frauder le fisc.

Ils sont cinq, quatre hommes
et une femme, Aoiffe Madden, une jeune actrice britannique. Les autres sont des
hommes d'affaires. Ils ont tout inventé. Ils sont allés très loin. En 2010, ils
commencent par imaginer un titre : "A Landscape of lives ", "un
paysage de vies
". Ils établissent un budget : environ 20 millions de
livres, soit 23 millions d'euros. Puis ils recrutent un scénariste. Ils lui
expliquent que le tournage aura lieu en Egypte et que des acteurs prestigieux
vont participer : Omar Sharif et même Jérémy Irons. Ils montent une société de
production, Evolved Pictures. Ils affirment qu'ils ont trouvé un financement en
Jordanie.

Pendant des mois, ils parviennent
à tromper des professionnels du cinéma, des acteurs, un jeune réalisateur. Pour
donner le change, ils leur font tourner quelques minutes de film, de quoi
monter une bande-annonce. Il y est question d'un meurtrier, d'un soldat,
d'amour, de sexe, et de vies déchirées. Un vrai "paysage de vies"
comme l'annonce le titre. Sur le site du journal The Telegraph,
vous verrez même l'affiche de ce long-métrage qui n'existe pas.

Mais peu à peu, le vent
tourne. Le fisc commence à se poser des questions. Quand des agents se
présentent au siège de la maison de production, à Londres, à Harley Steet, une
rue chic, ils tombent sur des pièces vides. En catastrophe, les escrocs
tournent alors un film à petit budget pour faire croire que le projet est
viable. Mais les enquêteurs n'y croient plus. La bande est arrêtée.

Les cinq fraudeurs viennent
d'être jugés. A l'audience, la procureur a dénoncé une "manigance hors du
commun pour s'attaquer au portefeuille du contribuable". Mais elle
s'interroge en même temps sur la "naïveté" du système d'allègement
fiscal. Il s'agit de comprendre comment la bande a pu récupérer près d'un
million d'euros. En attendant, la justice a condamné les cinq escrocs. Le
principal responsable va passer plus de six ans derrière la barreau, et ça
n'est pas du cinéma.

 

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