Tarnac : Mark Kennedy, le mystérieux espion anglais

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Il s'appelle Mark Kennedy. Il a 42 ans et il change régulièrement d'apparence. Il se déguise. Pendant sept ans, sous le nom de Mark Stone, il a infiltré des manifestations antiracistes, des réunions écologistes, des rendez-vous alter mondialistes. Il a voyagé. Il a alimenté son service, le National Public Order Intelligence Unit, un organisme britannique chargé de lutter contre le terrorisme "intérieur", jusqu'en 2010, l'année où il a été démasqué. Depuis, la presse anglaise enquête sur cet agent et ses méthodes.

Mark Kennedy a aussi joué un rôle en France, dans l'affaire de Tarnac, le village du groupe soupçonné d'avoir saboté des lignes SNCF. Son nom est déjà apparu dans le dossier, mais de nouveaux éléments viennent au jour. Selon Camille Polloni, sur le site Rue89, l'espion anglais a croisé au moins trois fois Julien Coupat et Yildune Levy : en février 2007, pour une réunion hostile au G8 ; en janvier 2008, à New York ; et à l'été 2008, à Tarnac.

Qu'a-t-il raconté ensuite ? C'est toute la question. Selon l'avocat d'Yildune Levy, le policier infiltré a fourni des informations à la DCRI, la direction centrale du renseignement intérieur. C'est lui qui aurait mis la police française sur les traces du groupe de Tarnac. Il aurait fourni des renseignements sur leurs fréquentations, leurs voyages, leurs projets. Dans le Monde, Laurent Borredon donne un exemple : les services britanniques évoquent une réunion à Nancy, en février 2008, à laquelle Julien Coupat aurait participé et durant laquelle "la fabrication d'engins explosifs improvisés aurait été discutée et expérimentée". Cette réunion a probablement joué un rôle dans la mise en cause des militants. Le problème, c'est que l'information est impossible à vérifier.

La justice essaie, pourtant, mais elle a beaucoup de mal à obtenir des réponses. D'après Le Monde, les services de renseignement bottent en touche et évoquent des "informations confidentielles". Voilà pourquoi l'avocat d'Yidlune Levy dénonce "l'extraordinaire déloyauté de la procédure". L'enquête des policiers français était déjà contestée. L'origine de leurs renseignements, le mystérieux espion anglais, fragilise encore leur version des faits.

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