Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, est devenu animateur de télévision

Dès le générique, on entend sa voix : "Je suis Julian Assange. Nous avons révélé les secrets de la planète. Je suis retenu depuis 500 jours maintenant. Aujourd'hui, nous sommes à la recherche des idées révolutionnaires. Celles qui demain, vont changer le monde..."

"The World Tomorrow". Tel est le titre de l'émission de Julian Assange sur la chaîne Russia Today. Le fondateur de Wikileaks est assigné à résidence, en Grande Bretagne, dans le Suffolk. Il habite un joli manoir.  Il est sous la menace d'une double extradition : en Suède, où il est accusé de viol ; et aux Etats-Unis, pour avoir publié des milliers de câbles diplomatiques.

Ca ne l'empêche pas de mener cette nouvelle carrière. Dans Télérama, Olivier Tesquet raconte que l'Australien en avait assez de tourner en rond et de nourrir les poules dans le parc du manoir. Il avait envie de faire des rencontres et de poursuivre son combat. La chaîne Russia Today lui en donne maintenant l'occasion. Depuis le mois dernier, Assange mène une série d'interviews depuis son domicile. Ses invités se déplacent chez lui ou bien sont interviewés par internet, avec une webcam. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, l'ultraconservateur américain David Horowitz et le président tunisien Moncef Marzouki ont ouvert la série. Une douzaine d'invités sont programmés. Leur point commun, selon Julian Assange : ils sont "iconoclastes et visionnaires". Le père de Wikileaks affirme d'ailleurs que seuls deux grands medias, dans le monde, abordent les sujets vraiment importants : Al-Jazeera et Russia Today, la chaine pour lequel il travaille maintenant.

Pourtant, Russia Today est tout sauf un média indépendant. La chaine en langue anglaise est financée par le Kremlin. Elle essaie d'être "la voix de la Russie", comme il y a "la voix de l'Amérique". Cela ne gêne pas du tout Julian Assange. Au contraire. Il affirme que les Russes lui laissent une liberté totale et qu'ils partagent les mêmes engagements que lui : "Notre grande confrontation, dit-il, est avec l'Occident". A commencer par les Etats-Unis. Julian Assange est entré en guerre.

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