En Hongrie, la radio qui fait de la résistance

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Viktor Orban, le premier ministre nationaliste, veut couper le son de Klubradio.

Mais pour l'instant, cette chaine tient bon. Chaque jour, environ 400.000 auditeurs écoutent ses informations et ses débats.
Klubradio n'hésite pas à critiquer le gouvernement, et Viktor Orban ne le supporte pas. Ces derniers mois, le pouvoir a tout fait pour étouffer la deuxième radio généraliste du pays.
D'abord, la pression a été financière. L'Etat et les sociétés publiques ont cessé de diffuser leurs publicités sur l'antenne. Puis des entreprises privées ont arrêté, à leur tour, d'acheter des sports. Sur le site Myeurop.info, le rédacteur en chef raconte que le chiffre d'affaires a été divisé par deux. Les journalistes pigistes ne sont plus payés depuis longtemps. Les titulaires commencent eux aussi à se serrer la ceinture. La radio est étranglée.

Mais ça ne suffit pas. Klubradio émet encore. Alors l'Etat a trouvé un autre moyen, plus radical : il n'a pas renouvelé la fréquence de Klubradio à Budapest. Le puissant conseil des médias avance un argument infaillible : Klubradio diffuserait trop d'informations, et pas assez de musique. Sa fréquence a été attribuée à une nouvelle petite chaine totalement inconnue, baptisée Autoradio. Normalement, au mois de mars, la radio indépendante aura cessé d'émettre.

En attendant, elle résiste, grâce à ses journalistes et grâce à ses auditeurs qui ont trouvé de l'argent pour soutenir la chaine. A l'étranger, Klubradio reçoit aussi des soutiens. Hier, la Commission européenne a écrit au gouvernement hongrois, pour lui rappeler qu'il doit respecter la liberté des médias.

Cette liberté est de plus en plus restreinte. Au mois de décembre, des journalistes de la télévision publique avaient entamé une grève de la faim. Aussitôt, ils ont été licenciés. La pression est intense. En Hongrie, de nouvelles manifestations sont prévues ce week-end.