A qui appartient le 42, avenue Foch ?

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A Paris, cet hôtel particulier, qui appartient au fils du président de Guinée-Equatoriale est au cœur d'une bataille judiciaire et diplomatique. La Guinée-Equatoriale vient d'installer un drapeau officiel sur la façade pour en faire un bâtiment diplomatique et non plus privé.

C'est un immense bâtiment, dans un des quartiers les plus chics de Paris : 42, avenue Foch, dans le 16ème arrondissement. Six étages, 3.500 mètres carrés, et tous les équipements pour satisfaire un millliardaire. L'hôtel particulier abritait récemment un salon de coiffure et même une boîte de nuit. Son prix ? Entre 100 et 150 millions d'euros.

Le propriétaire est étranger. Il s'appelle Teodorin Obiang. Il a quarante ans. Il est le fils du président de Guinée-Equatoriale. Longtemps, il a vécu sans être inquiété et il a profité de son immense richesse. Mais depuis quelques mois, à Paris, la justice lui réclame des comptes. Elle le poursuit dans l'affaire des "biens mal acquis". Les juges soupçonnent Teodorin Obiang de s'être enrichi de manière illégale. Comme d'autres dirigeants africains, il aurait bâti sa fortune en pillant l'argent public, en spoliant ses concitoyens.

Les magistrats ont commencé à s'y attaquer. Ces derniers mois, ils ont saisi une partie des biens de Teodorin Obiang ; d'abord des voitures de luxe (Ferrari, Bugatti...) , puis le mobilier du 42, avenue Foch ; une horloge estimée à trois millions d'euros, des tableaux de maître et des grands vins - Petrus ou Romanée-Conti. En février, quand les enquêteurs sont venus perquisitionner le fameux hôtel particulier, ils avaient tellement d'objets à saisir qu'ils sont restés dix jours. Il a fallu plusieurs camions pour tout emporter. Teodorin Obiang était furieux.

Depuis, le fils du président refuse de répondre aux convocations des juges. Les magistrats sont donc passés à l'étape suivante. Cet été, ils ont ordonné la saisie du bâtiment lui-même. Aussitôt, la Guinée-Equatoriale a trouvé un subterfuge : sur la façade de l'hôtel particulier, elle vient d'installer un drapeau bleu, blanc, vert et rouge - les couleurs du pays. Le Parisien le révèle ce matin. Ce drapeau a un sens : Teodorin Obiang affime que cet immeuble n'est plus à lui, qu'il appartient maintenant à son pays, la Guinée-Equatoriale, et donc que la justice ne peut pas le saisir. Le 42 avenue Foch serait protégé par l'immunité diplomatique.

Le ministère des Affaires étrangères n'est pas d'accord. Il estime que l'immeuble est un bâtiment privé, pas une ambassade. La situation est donc bloquée. Teodorin Obiang ne veut pas céder. Mais les magistrats ne lâcheront pas. Le 42, avenue Foch est devenu un symbole.

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