"Ma réponse est... fuck you" : le chanteur de Pink Floyd, Roger Waters, dit "non" à Facebook

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Le Britannique a refusé de vendre au géant américain son tube "Another brick in the wall" et dénonce cette volonté de s’emparer de tout, y compris des œuvres d’art. Un "non" qui lui vaut une vague de soutiens et de remerciements sur les réseaux sociaux.

À 77 ans, le Britannique Roger Waters, auteur-compositeur, chanteur et bassiste de Pink Floyd, est un vétéran du rock qui n’a jamais mâché ses mots. On parle là d’un monument vivant, fondateur d’un groupe emblématique qu’il a incarné sur plus de deux décennies et dont les tubes attirent forcément les marques. Ce qui est le cas de Facebook.

Comme le rapporte le magazine Rolling Stone, [article en anglais], c’est Roger Waters qui l’a révélé lui-même, la semaine dernière, lors d’une conférence de soutien au lanceur d’alerte Julian Assange. Il y a expliqué que le groupe Facebook a voulu lui acheter le droit d’utiliser sa chanson Another brick in the wall, part II, sortie en 1979 pour une pub Instagram. "C’est arrivé ce matin dans ma boîte mail, a-t-il raconté en brandissant une version imprimée du courriel. Ils m’offrent une somme énorme, énorme d’argent, et la réponse est fuck you, no fucking way".

Roger Waters explique : "Si je mentionne cette lettre, c’est parce qu’elle représente leur tentative insidieuse de s’emparer d’absolument tout." Sous-entendu, y compris l’art, la création, les œuvres. "Et moi, continue-t-il, je ne ferai pas partie de ce merdier, que Mark Zuckerberg se le tienne pour dit."

Réquisitoire clair, implacable et qui mercredi 16 juin au matin, lui vaut des milliers de soutiens, de bravos, et surtout de mercis. Rares sont ceux qui disent "non" à ce qui se compte sans doute en millions de dollars. L’ironie de l’histoire, évidemment, c’est que Roger Waters utilise lui-même Facebook régulièrement pour échanger avec ses fans, parce que c’est incontournable. 25 millions de personnes sont abonnées à la page de Pink Floyd.

En fait, ce que Roger Waters reproche au réseau social, ce n’est pas son existence, c’est l’utilisation qu’il fait des données de ses utilisateurs vendues pour toujours plus de profit, et l’affichage de suggestions qui influencent les internautes, orientent, enferment. Ce qui est curieux c’est que le chanteur ne fait pas du tout mystère de ce qu’il pense, un coup d’œil sur son fil Twitter suffisait aux dirigeants de Facebook pour comprendre que la proposition n’allait pas passer. Jeter une oreille à ses albums aussi, qui dénoncent le consumérisme, l’argent tout puissant, l’individualisme, la télévision abrutissante. C’était peut-être le dernier artiste à contacter pour promouvoir Instagram. Mais qu’importe, cela prouve que dire "non" peut coûter cher, mais n’est jamais impossible.

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