Les étoiles de 2020 : à Hong Kong, Elise aide des prisonniers à envoyer des fleurs à leurs proches

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Cette fleuriste sert d'intermédiaire entre les prisonniers des récentes émeutes d'Hong Kong et leurs familles en envoyant des bouquets de fleurs.

D’habitude, pendant les fêtes, ce sont les familles de détenus qui envoient un colis, un cadeau à celle ou celui qui est en prison. Elise a décidé de faire l’inverse. Elle habite Hong Kong, où plus de 10 000 personnes ont été arrêtées ces 18 derniers mois, pour avoir participé à des manifestations contre l’autoritarisme du gouvernement chinois, qui grignote petit à petit le statut particulier de ce territoire autonome, qui était une colonie britannique il y a moins de 25 ans.

En prison, ils sont coupés de tout, évidemment. Elise, la trentaine, l’âge moyen de ces protestataires, a donc envoyé gratuitement, à Noël, des bouquets de fleurs, de la part des détenus à leurs familles et à leurs proches. "Ceux qui ont été arrêtés", dit Elise, "ressentent souvent de la culpabilité vis-à-vis de leurs proches. Leurs parents, leur petite amie s’inquiètent, et eux ne peuvent rien faire depuis leur prison". Alors Elise confectionne des bouquets, puis les expédie. Pour elle, ce ne sont pas que des fleurs qu’elle envoie, mais des histoires, des sentiments, du rapprochement entre ceux qui sont dedans et ceux qui sont dehors. Ce sont des bouquets très délicats que crée Elise.

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Pour Noël, une cinquantaine de familles hongkongaises ont reçu ces cadeaux accompagnés de lettres, des petits mots qui disent : "Vous me manquez, je pense à vous." Le geste d’Elise a un nom : Send flowers with you. C’est un projet qu’elle a démarré en juillet dernier, mais qui a pris tout son sens pour Noël. "Je fais ça parce qu’ils sacrifient une partie de leur vie dans la lutte pour Hong Kong et j’espère que les habitants ici s’en souviendront." Elise, pour d’autres bouquets, s’est associée avec une dessinatrice qui, elle, lui fournit des cartes sur lesquelles sont représentés des activistes célèbres de la ville bâtie le long de la rivière des Perles. Peut-être que certaines ou certains trouveront le geste d’Elise naïf, comme une version désuète, niaise ou candide du "dîtes-le avec des fleurs". Peut-être, mais après tout, c’était Noël, et les fleurs, c’est joli, surtout si elles poussent sur le fumier d’une année pourrie.

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