L'étoile du jour. Muriel Robin, du comique au tragique

Coup de cœur ou coup de griffe : tous les matins, Marie Colmant distribue ses bons points. Aujourd'hui, Muriel Robin, héroine de "Jacqueline Sauvage" lundi soir sur TF1.

"L'étoile du jour" ce matin est une comédienne XXL, une femme qui nous a fait beaucoup rire, mais pas seulement, cette femme, c'est Muriel Robin. On va découvrir lundi 1er octobre Muriel Robin prêtant ses traits à Jacqueline Sauvage, femme battue pendant 47 ans, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari en 2014 et finalement graciée en décembre 2016. Oui, Muriel Robin en tragédienne.

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Yves Rénier, le réalisateur de Jacqueline Sauvage, n'est pas le premier à avoir confié à la comédienne un rôle tragique. Le premier c'est Mehdi Charef, au début des années 2000, dans Marie Line. Film oublié, c'est dommage. Muriel Robin y joue le rôle de Marie-Line, cette chefaillon de supermarché qui affiche tranquillement son admiration pour le FN tout en aidant des immigrés sans-papiers.

Derrière les mimiques, une dimension tragique

C'est avec ce premier film qu'on découvre toute la dimension tragique, sèche comme un coup de trique de cette comédienne qui jusqu'à présent nous avait coupé en deux de rigolade avec des sketches d'anthologie tels que "La visite de chantier", "L'addition" ou le fameux "Félix Lechat". Muriel Robin, ses mimiques, ses claquements de dents, ses petits cris, ses tailleurs et boucles d'oreilles de bourgeoise coincée. Le sommet étant, à mes yeux de fans, cette lecture à haute voix des paroles de Ne me quitte pas comme s'il s'agissait d'une véritable lettre, commentée par Muriel Robin.

Mais il y a autre chose chez Muriel Robin, une fêlure, une dimension tragique presque naturelle, quelque chose du talent de Michel Simon, quelque chose d'italien dans cette maîtrise de la rigolade et du drame à la fois. Géniale en Marie Besnard, cette empoisonneuse féroce qui lui valut un Emmy Award de la meilleure actrice en 2007. Autant de rôles qui auraient dû lui garantir une place de choix dans le cinéma français, ce qui n'arriva pas.

Quelle bévue et quel manque d'imagination. A l'exception du réalisateur Christophe Honoré qui eut la merveilleuse idée de lui faire endosser la panoplie de mégère de Madame Fichini, personnage particulièrement odieux des Malheurs de Sophie, dont la comédienne parvient à rire toutes les nuances. Parfaite.

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