L'étoile du jour. En Inde, douze ans après son coming-out, le "prince rose" savoure la décriminalisation de l'homosexualité

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Coup de cœur ou coup de griffe : tous les matins, Marie Colmant distribue ses bons et mauvais points. Aujourd'hui, le "prince rose", héritier du maharaja de Rajpipla, et militant de la cause LGBTQ.

L'étoile du jour est un prince indien, un homme de 53 ans, un homme heureux depuis jeudi 6 septembre, depuis que la Cour suprême indienne a décidé de décriminaliser l'homosexualité. Une décision qui fut accueillie par une liesse populaire dont on n'a pas idée ici. Et le prince Manvendra Singh Gohil, héritier en droite ligne du maharaja de Rajpipla, n'était pas le dernier à se réjouir de cette décision, qui va clairement lui simplifier la vie, à lui, et à des millions d'autres.

La décision simplifiera aussi le travail du prince Manvendra Singh Gohil à la tête de sa fondation, The Lakshya Trust, qu'il a créée il y a près de 20 ans, pour aider les personnes malades du sida mais aussi pour éduquer les plus jeunes, leur apporter le soutien nécessaire quand ils sont rejetés pour leur famille à cause de leur orientation sexuelle.

Mariage forcé et coming-out

Le prince est bien placé pour les aider : il a lui-même vécu une sorte de chemin de croix dans sa propre famille. A commencer par ce mariage arrangé en 1991 avec une princesse de son rang, qui se solda par un divorce fracassant quelques années plus tard, suivi d'une méga dépression.

Le prince Manvendra Singh Gohil est alors prié d'aller consulter un psychiatre, qui rend son verdict : le prince est homosexuel. Les parents sont verts, mais ils acceptent la situation à condition qu'elle reste contenue dans la sphère privée. Mais le prince n'a pas tellement l'intention de se taire. En 2006, il accorde une interview à un journal indien à qui il raconte l'histoire de son coming-out, une première en Inde.

Mobilisation contre le sida

Là, ça ne passe plus, ses parents, sa famille sont morts de honte. Le prince Manvendra Singh Gohil est alors déchu de son titre de futur maharaja de Rajpipla, et viré de son palais. Même pas mal, même pas peur. Le prince crée alors sa fondation et devient très vite un people, invité un peu partout dans le monde pour ses combats contre la maladie et la discrimination. Il est aussi le rédacteur en chef de Fun, le journal qu'il a créé dans son pays, et il a contribué à la création du premier département d'étude sur la communauté LGBTQ en Inde, à l'université de Karnavati.

Depuis jeudi, le prince Manvendra Singh Gohil nage dans le bonheur, en attendant de passer à la phase suivante : l'adoption d'une enfant. En attendant que cela se termine comme dans les contes de fées : ils furent heureux et ils eurent beaucoup d'enfants

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