L'étoile du jour. Assassiné par la dictature en 1980, l'archevêque du San Salvador a été canonisé

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Coup de cœur ou coup de griffe : tous les matins, Marie Colmant distribue ses bons points. Aujourd'hui, la canonisation d'Oscar Romero.

"L'Étoile du jour" est un archevêque du Salvador, canonisé dimanche 14 octobre par le pape François. Cette étoile, c'est Oscar Romero, archevêque de San Salvador, adepte de cette théologie de la libération qui, au début des années 60, encouragea les hommes d'église en Amérique du Sud à se rapprocher des populations les plus pauvres pour les soulager et les accompagner.

Oscar Romero est de cette trempe-là. A la fin des années 70, il n'hésite pas à critiquer la dictature de l'armée, les escadrons de la mort qui éliminent les opposants. Il le paiera très cher. L'archevêque de San Salvador est abattu dans son église alors qu'il célèbre la messe le 24 mars 1980. Lors de son enterrement quelques jours plus tard, l'armée ouvre le feu sur la foule en deuil, faisant cinquante morts. Une histoire emblématique, qui figure d'ailleurs en incise dans un film de jeunesse d'Oliver Stone, Salvador, et qui marque le début d'une guerre civile, largement financée par les Etats-Unis, qui fit 75 000 morts. 75 000 meurtres en toute impunité, dont celui de l'archevêque, pour lesquels jamais personne ne fut poursuivi.

Loi d'amnistie

En 1990, les commanditaires de l'assassinat du prélat, furent identifiés, dont un officier responsable d'un parti d'extrême droite. Il ne fut jamais jugé et par conséquent ne passa pas un  jour en prison. Tout comme le reste des bourreaux en uniforme qui bénéficièrent tous d'une loi d'amnistie à la fin de la guerre civile, par souci d'apaisement.

Il y a deux ans, cette loi d'amnistie fut révoquée, mais jusqu'à ce jour, personne au Salvador n'a eu à rendre de comptes. Pas l'ombre d'un jugement, pas un jour de prison. Vue sous ce jour, la canonisation de l'archevêque Oscar Romero, voulue par le pape François, prend une toute autre allure pour les familles de ces victimes qui, inlassablement depuis près de quarante ans, réclament reconnaissance et justice. Une forme de soutien d'un pape qui fut prêtre en Argentine avant de devenir souverain pontife, dans un pays lui aussi durement touché par une dictature.

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