Basilio Pompei, ancien déporté italien de 103 ans, répond aux critiques sur sa vaccination contre le Covid-19

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Celui qui est surnommé "Nonno Basilio" a reçu sa première dose de vaccin il y a dix jours, un évènement suivi par les médias italiens, et qui a suscité un flot de critiques malveillantes sur les réseaux sociaux. Des commentaires auxquels le centenaire a répondu très calmement par une leçon de courage.

En Italie comme chez nous, comme partout d’ailleurs où l’on a des vaccins, on trouve des histoires de vaccinés : les premiers vaccinés, les stars vaccinées, les soignants vaccinés et aussi les centenaires vaccinés. Et en Toscane, près de Florence, celui qui a fait la une des journaux, c’est Basilio Pompei, 103 ans, petite célébrité locale surnommé "Nonno Basilio", grand-père Basilio, connu comme étant l’homme qui a réussi à s’échapper d’un camp de travail en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale.

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Publiée par RSA Villa San Biagio sur Mardi 5 janvier 2021

Après l’armistice en septembre 1943, comme des milliers de soldats italiens, il a refusé de rejoindre l’armée du régime nazi. Il a donc été fait prisonnier et déporté avec ses camarades, pendant 18 mois, avant de réussir à s’évader en janvier 1945 et de se rendre à pied en Italie, dans la neige, le gel, avec les SS à ses trousses, manquant de peu d’y laisser sa peau : il en a fait un livre, un documentaire et s’est astreint toute sa vie à témoigner, raconter. Faire qu’on n’oublie pas.

Cet homme a donc reçu sa première dose de vaccin contre le Covid-19 il y a dix jours, un évènement immortalisé par l’équipe médicale de sa maison de retraite et posté sur les réseaux sociaux. Les soignants attendaient des encouragements, mais ce sont surtout des insultes qu’ils ont reçues : "Pourquoi donner le vaccin à un homme en fin de vie ?", "Il aurait dû laisser sa dose à un jeune !", "égoïste", "on vaccine les centenaires pendant que les quadras meurent", "inconséquent !", etc. Un flot de critiques qui a poussé les journaux locaux à aller demander à Basilio Pompei s’il voulait répondre. "Des haters, des haineux, vous dites ? Mais qui sont ces gens ?, demande-t-il en riant au journaliste du Corriere. 

Moi, mon arme secrète quand j’étais jeune, c’était le courage, et mine de rien j’en ai encore beaucoup, alors dites-leur ça, tiens ! Parlez-leur du courage... Pour le reste, ils peuvent écrivent ce qu’ils veulent, ça ne fait aucune différence.

Basilio Pompei

au Corriere Della Sera

Une réponse qui a fini par faire plus de bruit que les commentaires malveillants. Ainsi, après les insultes, la maison de retraite a reçu des centaines de messages de soutien, venus de partout en Italie. Des messages qui comme le rapporte La Repubblica disent notamment que le point positif de cette polémique, c’est qu’elle a permis de faire découvrir Nonno Basilio à ceux qui l’ignoraient, de parler d’histoire, de mémoire, de courage. Comme dit le centenaire, le reste n’a pas d’importance.

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