Au Royaume-Uni, une orchidée déclarée espèce éteinte depuis 2009 réapparait naturellement sur le toit d’une banque londonienne

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Sa présence a été constatée début juin, au milieu des herbes sauvages du toit-terrasse d’un immeuble de 11 étages. Une réapparition mystère puisqu’on ne sait pas pour l’instant comment les graines se sont retrouvées là.

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Elle s’appelle Serapias parviflora et c’est une espèce plutôt rare, aux fleurs rouge carmin, totalement disparue de Grande-Bretagne depuis 2009. Elle était donc déclarée éteinte jusqu’à ce qu’un spécimen soit découvert dans un endroit plutôt incongru : à Londres, au cœur du quartier financier de la City sur le toit-terrasse d’un immeuble de 11 étages abritant la filiale de la banque japonaise Nomura. À priori, c’est assez inattendu comme lieu de réapparition, et en même temps, on comprend qu’il y avait là tout pour que la fleur s’épanouisse puisque sur ce toit, il y a un petit jardin, de la terre, des herbes folles, des pâquerettes, pissenlits et autres boutons d’or qui poussent sans être guidés par la main humaine, au gré de la météo.

C’est un souhait spécifique du propriétaire de l’immeuble, qui a décidé de confier l’étude de ce microenvironnement sauvage à un écologue, Mark Patterson, qui depuis dix ans passe tous les mois pour recenser les espèces de plantes qui s’y trouvent et qui donc a découvert il y a quelques jours cette orchidée. D’abord un, puis deux, puis quinze plants, éparpillés sur le toit. La question étant de savoir comment la fleur est arrivée là ? "Pour l’instant, on ne sait pas, explique l’écologue au quotidien The Independent. 

La piste principale c’est que les graines d’orchidée sont extrêmement petites et peuvent parcourir de très longues distances en étant portées par le vent. Donc celles que nous avons ici ont pu partir du sud de l’Europe, par exemple en même temps que les vents qui nous apportent des poussières du Sahara, puis traverser la Manche, et retomber là, dans la capitale.

Mark Patterson, écologue

au quotidien The Independent

Sa théorie, c’est qu’en plus d’un tel voyage, la graine a réussi à trouver dans la terre le petit lichen qui lui permet d’éclore tel qu’elle le fait en Méditerranée, "mais honnêtement, dit-il, les chances pour que tout ça se produise étaient infimes." Bref, on spécule. Et l’affaire passionne la BBC, The Guardian ou encore The Independent, qui y ont tous consacré des articles. La graine est-elle arrivée avec le vent ? Avec un oiseau ? Ou avec la terre déposée sur le toit il y a des années ? Le réchauffement climatique qui fait-il du Royaume-Uni un nouveau havre pour les espèces du sud ? L’enquête est en cours. Mais quel que soit le résultat, voilà qui, au pays du Brexit, met plutôt à mal la notion de frontière. Puisque ce que nous rappelle l’orchidée, avec cette histoire, c’est que nous partageons tous, qu’on le veuille ou non, le même air, les mêmes nuages, la même planète.

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