L'empire des séries. "The Killing", le polar nordique de l'été

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Cet été, Arte rediffuse les trois saisons de cette série danoise dont le héros est une commissaire de police. "The Killing" de Søren Sveistrup a passionné par sa peinture de la société scandinave sur fond de thriller. 

C’était un carton d’audience regardé par la moitié des téléspectateurs danois chaque dimanche soir. Tous fascinés par ce polar noir scandinave mené par une enquêtrice butée, dont les pulls qui grattent sont encore aujourd’hui tricotés par chacun. La série est diffusée chaque jeudi soir sur Arte et entièrement disponible en replay sur arte.tv.

De 2007 à 2014, The Killing, en français "le meurtre", a connu trois saisons à la formule forte : un meurtre ou un enlèvement, et les conséquences humaines et politiques de la déflagration.

Je voulais que la série soit l’anatomie d’un meurtre.

Søren Sveistrup, auteur de "The Killing"

à franceinfo

Søren Sveistrup a conçu la série il y a maintenant 16 ans : "Je voulais faire une autre forme de série policière. À l’époque, quand une femme était détective, elle portait des talons hauts, et passait son temps à draguer avec des hommes. Je voulais faire quelque chose de plus réaliste. Je voulais aussi que la série soit l’anatomie d’un meurtre, montrer ses effets sur ceux qui sont autour et sur la société."

Chaque saison de 10 ou 20 épisodes suit une seule affaire. Søren Sveistrup, grand amateur d'Agatha Christie, imagine ses histoires de la même façon qu’un Hercule Poirot, mais à une autre échelle : "Les histoires d’Agatha Christie sont très locales. Ensuite, elle ajoute beaucoup de menaces, de relations, etc… Moi j’ai voulu construire quelque chose à l’échelle d’une ville."

Dans les pays scandinaves, nous avons une longue tradition de récits policiers racontés comme une partie des problèmes de la société.

Søren Sveistrup, auteur de "The Killing"

à franceinfo

C’est le point fort de cette série. Chaque saison dépeint la société de façon hyperréaliste et fait découvrir les arcanes du pouvoir, une campagne électorale ou l’envoi de soldats en Afghanistan. C’est la particularité du polar scandinave filmée souvent de nuit et sous la pluie.

Søren Sveistrup précise : "Pour moi, une fiction doit être le reflet de ce qui se passe dans le monde ou à l’intérieur d’un individu. Dans les pays scandinaves, nous avons une longue tradition de récits policiers racontés comme une partie des problèmes de la société. Ce n’est pas seulement Mad Men avec des personnages qui marchent dans la rue. Ça parle de la société, de la façon dont la société éduque ses enfants, comment les enfants deviennent adultes, ce qu’ils pensent, et si ils se sentent bien."

Les trois saisons sont menées de main de maître, ménageant suspense, fausses pistes avec une héroïne, vraie tête de mule, brillante mais qui peut provoquer des dégâts. C’est juste le parfait polar pour l’été. Si l’adaptation américaine est sur Netflix, préférez l’original en danois sur arte.tv.

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